Comment obtenir les Jeux olympiques, ce vendredi?

OLYMPISME Parce que c'est dans la défaite que l'on apprend, nous avons interrogé les experts de Paris 2012...

Matthieu Payen

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Les anneaux olympiques, illuminés à Vancouver, le 5 mars 2009.
Les anneaux olympiques, illuminés à Vancouver, le 5 mars 2009. — A.Clark/REUTERS

Chicago, Madrid, Rio et Tokyo. Quatre villes en lice vendredi avec un seul objectif: accueillir le plus gros événement sportif mondial en 2016. Autant dire que si vous pensiez inscrire votre commune pour le prochain appel à candidature, vous risquez d’être déçu. 20minutes.fr vous présente les quatre règles à respecter pour séduire le tout-puissant Comité internationale olympique (CIO).

 

Le dossier technique: de la poudre aux yeux

Les JO, ce sont de beaux stades, des piscines gigantesques, des transports performants et écologiques, des logements pour des milliers d’athlètes, de spectateurs, de journalistes,… Ca, c’est ce que l’on croit. La vérité est tout autre. «Cet aspect technique est le minimum requis», confie Philippe Baudillon, qui fut directeur général de Paris 2012. «Ce n’est qu’un prétexte pour effectuer un premier tri parmi les villes candidates, précise Armand de Rendinger, chef des relations internationales de Paris 2012 et auteur de Jeux perdus: Paris 2012, pari gâché. Quand on arrive au vote final, ce critère perd de sa valeur.»

 

La relation historique avec le CIO: gare aux mauvais élèves


Le CIO aime être brossé dans le sens du poil. Organiser des projets dans lequel le mouvement olympique est impliqué, c’est bien. Candidater à de multiples reprises aux JO, c’est bien. Avoir une multitude de compatriotes à des postes clés, c’est mieux. «En France, on a un déficit de ce côté-là, affirme Armand de Rendinger. Nous n’avons que deux représentants au CIO, l’icône Jean-Claude Killy et Guy Drut dont on connaît les problèmes passés. Et puis, c’est tout. Même les cendres du baron de Coubertin ne sont pas en France…» Autre pays ostracisé, la Suède: six candidatures aux Jeux d’hiver, autant d’échecs.

 

La géopolitique: Obama or not Obama?


Qui peut lutter contre les grandes tendances? L’émergence de la Chine ou le retour de la Russie sur le devant de la scène mondiale expliquent en grande partie les succès des candidatures de Pékin 2008 et Sotchi 2014. Cette année, c’est la crise économique qui domine les débats. Et le soutien d’Obama au projet de Chicago – sa ville natale – n’est pas anodin. «Le gros défaut des candidatures américaines est que l’Etat fédéral refuse de couvrir les frais générés par les Jeux en cas de dérapage, explique Philippe Baudillon. En règle générale, l’appui des gros sponsors suffit à compenser, mais en période de crise, il est bon de savoir que le Président des Etats-Unis pousse la candidature.»

 

Le lien affectif: la grande loterie


C’est l’aspect le plus mystérieux, mais aussi le plus déterminant de l’élection. Chacun des 107 membres du CIO vote, en définitive, pour la candidature qui lui plaît le plus. «Tous les autres critères se font balayer par la capacité de conviction de la ville sur chaque votant, de quelque nature que ce soit. C'est pour ça que ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne.» Sans rien révéler, Armand de Rendinger ne se fait pas d’illusion. Le pouvoir de conviction passe parfois par des méthodes peu orthodoxes. Salt Lake City avait ainsi été très généreux avec les membres du CIO pour obtenir les Jeux d’hiver 2002. Mais sans tomber dans la paranoïa, il y a parfois de petits détails qui font la différence. «Le simple fait de s’exprimer parfaitement en anglais est un avantage pour mieux transmettre son message au CIO», souligne Philippe Baudillon. Et là, comment ne pas faire de Chicago le favori pour 2016?