bordeaux ne change pas un discours qui gagne

Rémi Bostsarron

— 

Laurent Blanc, l'entraîneur des Girondins, refuse de cèder à tout triomphalisme.
Laurent Blanc, l'entraîneur des Girondins, refuse de cèder à tout triomphalisme. — TSCHAEN / SIPA

Les Girondins ne font rien pour changer l'image des Bordelais. On prétend que les habitants de la Belle endormie ne savent pas s'enflammer ? Les hommes de Laurent Blanc le confirment semaine après semaine, et même saison après saison. Déjà champions de la modestie l'an dernier, ils conservent la même ligne de conduite malgré leurs 16 points pris sur 18 possibles en championnat et leur invincibilité toutes compétitions confondues, doublée d'une suprématie incontestée à domicile depuis bientôt deux ans. Ces séries, ils affirment volontiers ne pas y penser. Fernando assure même dans un sourire, conscient d'user d'un poncif, qu'ils prennent « les matchs les uns après les autres. »

Cette fois, pourtant, les Marine et Blanc ne peuvent pas se cacher. Demeurés dans l'ombre de Lyon puis de Marseille la saison dernière, avant de surgir dans la dernière ligne droite, ils sont aujourd'hui en tête de la Ligue 1 et pourraient se montrer conquérants. Jaroslav Plasil l'est presque, en confiant timidement que « quand on est en haut, on a envie d'y rester. » Mais en général, si les Bordelais évoquent cette place au sommet, c'est surtout pour expliquer qu'elle « ne veut rien dire, le championnat est long » (Wendel), et qu'elle leur complique la vie. Avant le déplacement à Boulogne-sur-Mer (0-2), Laurent Blanc disait craindre « l'état d'esprit des équipes qui veulent faire chuter le leader, surtout quand il sort d'une belle performance en Ligue des champions ». Quant à Fernando Cavenaghi, il assure que tous leurs adversaires « attendent à dix derrière, c'est encore pire que l'année dernière. »

Reste que les Marine et Blanc sont des compétiteurs, pour qui « gagner est toujours plus agréable que perdre » (Fernando). « On le dit et on le répète depuis l'année dernière, mais c'est vrai : tout le monde s'apprécie dans le groupe, souligne Franck Jurietti. Cette bonne ambiance est une force, et nos résultats y contribuent forcément. » W