Strasbourg: «Même José Mourinho ne nous ferait pas gagner des matchs »

LIGUE 2 Coulisses très agitées, résultats en berne: le Racing est au bord de la crise de nerfs en ce début de saison...

Floréal Hernandez

— 

G. VARELA / 20 MINUTES

Ils refont le match. Par petits groupes, une trentaine de supporters a assisté à l'entraînement des Strasbourgeois, lundi matin. Ils reviennent sur la rencontre perdue à Clermont (3-0) et sur la dernière place en Ligue 2. «C'est la première fois», peste l'un. Un autre, un peu moqueur, pronostique «une nouvelle piquette» contre Caen, lundi prochain. Un supporter passe à vélo et crie : «Je ne viendrai pas en National!» «C'est normal qu'ils nous disent qu'on a été pourris, admet Habib Bellaïd. Ils font quinze heures de bus pour venir nous encourager et nous, on repart avec une défaite. Ils ne sont pas contents. On va voir ce que ça donnera pour la réception de Caen. Mais ça peut être chaud», prévient le défenseur central. Pour l'instant, l'ambiance reste bon enfant.


«On sert une soupe sans sel»


Habib Bellaïd a quitté la séance le dernier en compagnie de Guillaume Lacour. Les deux cadres ont eu une discussion avec l'entraîneur, Pascal Janin. «Après la faillite collective à Clermont, il nous a demandé d'être plus présents, de plus nous investir, d'aider les autres à sortir la tête de l'eau», explique Bellaïd. Le groupe doit-il se parler? «Des discussions, on en a, répond le joueur, prêté par l'Eintracht Francfort. Il faut arrêter de parler et prendre conscience de la situation. Il faut qu'on soit plus agressifs, qu'on ait les crocs. Avant, on avait des joueurs qu'on disait ingérables, les Johansen ou les Abdessadki, mais c'étaient des chiens sur le terrain, ils se levaient le cul. »

Rodrigo reconnaît qu'il «n'est pas normal de mener aussi souvent au score et de ne pas gagner». Un scénario qui s'est produit quatre fois cette saison pour deux nuls (Arles, Ajaccio) et deux défaites (Châteauroux, Nantes). «On n'arrive pas à maîtriser une rencontre de bout en bout », constate le milieu brésilien. «Sur le terrain, il nous manque des ingrédients : de l'agressivité, de l'envie... On sert une soupe sans sel», image Habib Bellaïd.


«Tu pourrais mettre n'importe qui sur le banc»

Le défenseur comme le milieu soutiennent leur entraîneur. «Ce n'est pas le coach qui est sur le terrain. Les mauvais résultats concernent tout le club, du président au concierge. Mais tu pourrais mettre n'importe qui sur le banc, même Mourinho, ce n'est pas ça qui nous ferait gagner les matchs», affirme Habib Bellaïd. Le conseil d'administration, réuni ce mardi, ne nommera pas le technicien portugais ni un autre stratège à la place de Pascal Janin, qui reste tributaire des prochains résultats.