La Ligue 1 prend le virus en grippe

FOOTBALL Le football français se prépare aussi à gérer l'épidémie de grippe A...

R.S.

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Les Lyonnais Bafétimbi Gomis (de face) et Lisandro Lopez, ne craignent pas de s'échanger leurs microbes, lors du match contre Nancy, le 29 août 2009.
Les Lyonnais Bafétimbi Gomis (de face) et Lisandro Lopez, ne craignent pas de s'échanger leurs microbes, lors du match contre Nancy, le 29 août 2009. — R.Pratta/REUTERS

La tâche des buteurs de Ligue 1 risque de se complexifier dans les semaines à venir. Gignac, Niang, Lisandro Lopez se casseront toujours autant la tête (ou les pieds) pour marquer des buts. Mais ils devront bientôt repenser leur manière de les fêter. Les scènes d’embrassades collectives, où les joueurs sautent les uns sur les autres, s’enlacent et s’empoignent vigoureusement, pourraient bien être bannies des stades. Une mesure farfelue envisagée pour prévenir tout risque de propagation du virus H1N1.



«Nous avons adressé aux clubs de L1, L2 et National des affichettes du ministère de la Santé afin de faire passer un message important de prévention», expliquait le professeur Rochcongar, à la sortie du dernier conseil fédéral. Chargé par la fédération française de mettre en place une cellule de réflexion, il s’est appuyé de trois médecins infectiologues pour préparer le football français à l’arrivée du virus.



Des masques avant le huis clos

Car «l’épidémie, c'est pour septembre, et les choses peuvent aller très vite», indique le docteur Manuguerra, président du Comité de lutte contre la grippe. Dans les clubs, cela se traduit par un règlement à suivre. Plus question de se prêter maillot ou short, serviettes et a fortiori les bouteilles d'eau. A Lens et Lille, les joueurs ont l’interdiction de serrer les mains des visiteurs. A Lyon, les joueurs doivent renoncer aux crachats sur la pelouse. «Une simple mesure de précaution, signale Emmanuel Orhant, le médecin de l’OL. Les postillons jouent un rôle majeur dans la contamination. On ne crache pas, on fait attention quand on éternue. Moins il y a de contacts, mieux c’est».



Jusqu’à présent, aucun des décès enregistrés en France ne concerne le monde du sport. Mais plusieurs joueurs de L1 ont déjà été contaminés. Boudebouz à Sochaux et Spahic à Montpellier s’en sont tous deux remis. Jeudi, la section 1re année de l'INF Clairefontaine a été fermée par la DDASS des Yvelines pour une semaine, après la détection de cinq cas douteux. En attendant, aucun match professionnel n’a dû être reporté, à la différence du rugby. Seule la rencontre de CFA entre l’US Colomiers et Les Herbiers a été décalée à la fin du mois d’août. En cas d’aggravation des risques, la Ligue prévoit même de distribuer aux spectateurs des masques de protection gratuits. Tant que les stades accueillent encore du public…