Jacques Delmas: «Je ne suis pas Gérard Majax»

INTERVIEW Le nouveau coach du Stade Français a apprécié la réaction de ses joueurs face à Castres...

Propos recueillis par Romain Scotto

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L'entraîneur du Stade Français, Jacques Delmas, lors du match de Top14 face à Castres, le 12 septembre 2009.
L'entraîneur du Stade Français, Jacques Delmas, lors du match de Top14 face à Castres, le 12 septembre 2009. — B.Horvat/AFP

Après une semaine agitée en coulisses, les joueurs du Stade Français ont relevé la tête, samedi après-midi, face à Castres, empochant une victoire bonifiée sur leur pelouse. La première du nouveau duo d'entraîneurs Delmas - Faugeron, intronisé à la tête de l'équipe première en début de semaine. Refusant de s'approprier ce succès, Jacques Delmas revient sur ses débuts au sein du club parisien...

Quatre jours après votre arrivée au club, le Stade Français remporte une victoire bonifiée. C’est votre cadeau de bienvenue?



Voilà, hé hé… A première vue, ça pouvait paraître compliqué dans la mesure où les Castrais étaient invaincus. C’est une équipe qui est bien en place. Il fallait vraiment aborder ce match sérieusement. Les joueurs ont pris le match par le bon bout, mais je regrette nos fautes. On a manqué de discipline et fait preuve d’un peu trop de maladresse jusqu’à la mi-temps. On les a laissés dans le match. Après, on a su les décrocher et aller chercher ce point de bonus.



On a vu Max Guazzini en larmes dans les tribunes, avez-vous aussi ressenti cette chage émotionnelle?



Je ne connais pas suffisamment les us et coutumes du Stade Français, vous savez. Max devait souffrir de voir son club dans une situation pareille. Même si ce n’était pas catastrophique. On ne peut pas faire un bilan après cinq journées. Peut-être qu’il y a eu un trop plein d’émotion qui est ressorti. Je n’ai pas le même vécu au Stade Français que Max. J’étais simplement là pour qu’on réussisse nos débuts. Après… J’ai vingt deux ans d’entraînement, je suis passé par des hauts et des bas. J’ai appris à relativiser.



Dans quel état se trouve le groupe dont vous avez hérité?



C’est un groupe sain, c’est la première des choses. Il a envie de relever la tête. S’il joue à son niveau et qu’il s’en donne les moyens, il n’y aura pas de problème. Je les ai vus à la télé, je suis allé les voir à Anoeta contre Bayonne. A la mi-temps, si on m’avait demandé de mettre un billet sur Bayonne, je vous aurais dit non. Parce qu’ils ont concassé les Bayonnais sur une mi-temps, mais le problème, c’est qu’ils ont pris trois essais «casquette» en contre qui ont ruiné tous leurs espoirs. Il y a une marge de progression, mais à un moment donné, les résultats ne reflétaient pas la valeur d’ensemble de cette équipe.



A quoi reconnaît-on déjà la patte Jacques Delmas sur le visage de cette équipe?



Sur le match, rien du tout. Ce n’est pas de la fausse modestie. En trois jours, on ne peut pas faire grand-chose. Je ne suis pas Gérard Majax. On a juste continué à travailler sur la trame de ce qui avait été fait par nos prédécesseurs. Maintenant, on sait qu’on doit progresser un peu partout. Dans la conquête, défensivement, dans la gestion de nos temps forts. Dans tous les secteurs, c’est pour cela que le challenge est intéressant.