Le Marakana, l'enfer serbe

FOOT Le stade où vont jouer les Bleus fait peur. A raison?...

Pierre Koetschet

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Le 12 octobre 2005, les supporters serbes brûlent un drapeau bosniaque au stade Marakana à Belgrade (Serbie)
Le 12 octobre 2005, les supporters serbes brûlent un drapeau bosniaque au stade Marakana à Belgrade (Serbie) — D. SAGOLJ
De notre envoyé spécial à Belgrade (Serbie)

De l’extérieur, il ne paye pas de mine. Un petit muret en béton de 3 mètres de haut, entre deux pins, un parking, et quelques immeubles staliniens. Et pourtant, le Marakana de Belgrade est une légende du football serbe.


Car le Marakana, c’est d’abord du bruit, beaucoup de bruit, capable de destabiliser les plus grands. «J’ai vu un jour les joueurs du Milan AC regarder le stade comme des enfants, tellement ils étaient impressionnés», raconte Dragan Stojkovic dans France Football.

 

Un bruit qui monte dès le tunnel jusqu’à l’explosion quand les joueurs rentrent sur le pelouse, devant 55.000 spectateurs chauffés à blanc. A l’origine, ils étaient même 110.000 a pouvoir s’entasser sur les travées pas très élevées mais tellement étouffantes. Un des plus grands stades d’Europe à l’époque (1963). Normal donc que les Yougoslaves, les «Brésiliens d’Europe» le rebaptisent Marakana, en référence au mythique Maracana de Rio. Et le transforment en monument national qui inspire même les chanteurs populaires.

 

Aujourd’hui, l’ambiance n’est pas retombée. «Les Français ont raison de méfier de l'ambiance, car elle risque d'être bouillante», assure l’attaquant serbe Milan Jovanovic. D’autant que les spectateurs hésitent rarement à mêler sport et politique, comme ici, lors de l’indépencdance du Kosovo, pas vraiment acceptée à Belgrade.

 

Car le Marakana est plus qu’un stade : le symbole de la fierté footballistique retrouvée de la Serbie. Le premier objectif du sélectionneur Radomir Antic était d’ailleurs de remplir à nouveau le Marakana, déserté par des supporters lassés de voir leur équipe perdre. L’objectif est déjà atteint. Mercredi, face aux Bleus, le stade sera plein comme un œuf. Et sans doute encore plus bouillant que lors de ce derby entre l'Etoile rouge et le Partizan Belgrade.