Le Stade Français change de têtes

RUGBY Le Président du Stade Français a annoncé mercredi l'arrivée des deux nouveaux entraîneurs Jacques Delmas et Didier Faugeron...

Alexandra Patard

— 

French Junior Minister for Sports Bernard Laporte (L) attends with Paris' president Max Guazzini the French Top 14 rugby union match Stade Francais Paris vs Bayonne, 23 November 2007 at the Jean Bouin stadium in Paris. AFP PHOTO / THOMAS COEX
French Junior Minister for Sports Bernard Laporte (L) attends with Paris' president Max Guazzini the French Top 14 rugby union match Stade Francais Paris vs Bayonne, 23 November 2007 at the Jean Bouin stadium in Paris. AFP PHOTO / THOMAS COEX — Thomas Coex AFP/Archives

Face à la crise de résultats de son club, relégable, le président du Stade Français a tranché. «Nous avons constaté que le message de nos entraîneurs ne passait plus vraiment, explique Max Guazzini. Je ne conteste pas la qualité des deux hommes, mais il faut trouver la bonne clé pour la bonne serrure. Je ne dis pas qu’Ewen McKenzie est un mauvais entraîneur. Je dis juste que son discours ne passait plus.» Exit l'Australien. L'autre partie du binôme, Christophe Dominici reste au club. «Il exercera d’autres fonctions auprès de moi. C’est quelqu’un qui compte beaucoup pour ce club. Il n’est pas débarqué. Il aura d’autres responsabilités qui vont être définies plus tard.»

Au-delà de cette réorganisation en profondeur, Max Guazzini a surtout voulu faire passer un message mardi. La décision n’a pas été prise par lui seul, mais «d’un commun accord». Le président a d’abord consulté les membres du staff, dont Olivier Terryn (responsable administratif) et Mathias Poursine (directeur général), «certaines personnes proches du club comme Bernard Laporte» et bien sûr Didier Faugeron et Jacques Delmas, les nouveaux entraîneurs.

Après Montauban

Face à la crise de résultats et à la mésentente grandissante du duo McKenzie-Dominici, la décision de débarquer l’entraîneur australien a été prise rapidement. Elle ne date pas de la défaite dimanche face à Biarritz (30-22), mais elle a été prise quelques jours plus tôt, après celle contre Montauban (35-40). «Je me suis rendu disponible, commente Didier Faugeron qui s’occupera des lignes arrières. Quand le Stade Français appelle, on répond, on écoute et on arrive.» Même son de cloche dans la bouche de Jacques Delmas, champion de France en 2007 avec le BO. «Je n’ai pas eu d’hésitation. Ce genre de choses ne se refuse pas. Entraîner le Stade Français est très valorisant et excitant.»

Quant à l’opération en elle-même, elle s’est déroulée en coulisses, façon Guazzini. «On ne se connaissait pas très bien (avec Didier Faugeron), poursuit le président stadiste. On s’est parlé au téléphone pour la première fois lundi soir. Et Olivier (Terryn) a déjeuné avec lui la semaine dernière.» Prévenu lui aussi «vers 19h30» mardi soir, Jacques Delmas a rejoint le désormais ex-entraîneur de Massy (Fédérale 1) et le président du Stade Français mardi matin à Paris, pour la signature de leur contrat qui court jusqu’à la fin de la saison. «Et plus si affinité» lance Delmas pour détendre l’atmosphère. 

Finir dans les six premiers

Face aux caméras, les deux nouvelles têtes du Stade Français affichent un sourire un peu forcé. Car l’ampleur de la tâche s’annonce rude pour des Parisiens avant-derniers du Top 14. «Lors de la saison 2003-2004, nous avons perdu nos six premiers matchs et nous avons fini champion de France», aime à rappeler Max Guazzini. Pas d’inquiétude, mais du pain sur la planche pour Delmas et Faugeron. «Il faut aller chercher les victoires, annonce d’emblée Jacques Delmas. Tout le monde a envie de voir le Stade Français en haut de l’affiche. Les objectifs sont simples, finir dans les six premiers pour accéder aux phases finales. Il reste quatre jours avant le prochain match. On va aller à l’essentiel.» Leur nomination officialisée, les deux nouveaux entraîneurs sont directement allés rejoindre les joueurs pour leur tout premier entraînement à huis clos. Mais le temps presse, dans quatre jours, le Stade Français reçoit Castres. Et une autre défaite lancerait bien mal la nouvelle ère du Stade.