Sayad ou le fol espoir déchu

David Phelippeau

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« Sayad, la nouvelle étoile du hand français. » En 2001, le journal L'Humanité était catégorique. Le successeur de Jackson Richardson, c'était lui : Seufyann Sayad, un demi-centre de 21 ans, formé à Sélestat. Neuf ans plus tard, le joueur, qui vient de signer à Nantes (D1), n'a pas réalisé la carrière que beaucoup de spécialistes lui avaient prédite. « La comparaison avec Richardson m'a porté préjudice », estime-t-il. Après Sélestat, Sayad évolue à Chambéry et à Toulouse. Les blessures jalonnent ses expériences. Dans la ville rose, « j'étais tellement au fond du gouffre que j'ai hésité entre arrêter ou aller en D2 en Espagne ». Il choisit la deuxième option. Et il fait bien. « Je me suis épanoui là-bas, insiste celui qui compte tout de même 17 sélections en équipe de France. On m'a super bien accueilli... »

Une nouvelle grave blessure au genou le coupe dans son élan. Mais, Sayad s'accroche. Le contexte espagnol l'y aide. « En France, le jour où tu es au top, ça va. Le lendemain, si tu es moins bien, on te crache dessus, explique le joueur. Là-bas, on te soutient vraiment et on ne vient pas pour te critiquer. » En juin dernier, Sayad, séduit par le projet nantais, décide pourtant de revenir en France. Plus motivé que jamais. « Je vais apporter mon expérience et mon envie. Et surtout, il faut que les gens soient derrière nous, on aura besoin d'eux ! », conclut-il. W