Patrice Evra : «Quand la France joue mal, Ferguson chante la Marseillaise»

INTERVIEW Le latéral gauche des Bleus est à bloc à deux jours de France-Roumanie...

Propos recueillis par Matthieu Goar*

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Franck Ribéry, Patrice Evra, Lassana Diarra et William Gallas, lors du match Lituanie-France, le 28 mars 2009 à Kaunas.
Franck Ribéry, Patrice Evra, Lassana Diarra et William Gallas, lors du match Lituanie-France, le 28 mars 2009 à Kaunas. — REUTERS/Ints Kalnins

 Chaussures fluo et chaussettes blanches bien remontées sur les mollets, Patrice Evra est venu s'exprimer devant la presse jeudi. Toujours un bonheur de parler avec le latéral gauche, sans doute le joueur le moins langue de bois de l'équipe de France.

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Est-ce que la pression est plus importante pour ces deux rencontres que pour les matchs précédents?

La pression a toujours été là. Je pense même que je l'ai plus ressentie avant la Lituanie et les Féroé. On avait encore plus de points de retard et la pelouse était pourrie en Lituanie. Finalement ça s'était bien passé puisqu'on était revenu de ce stage avec six points. Aujourd'hui, on est seulement peut-être plus conscient que notre Coupe du monde a déjà commencé. De toute façon, je n'imagine que la première place. Hors de question de jouer les barrages.


Après vos dernières bonnes sorties en bleu, avez-vous l'impression d'avoir franchi un cap?

C'est vrai que j'ai bien joué en Lituanie et contre les Féroé. Mais dans le haut niveau, j'ai surtout remarqué que, plus que des bons matchs, il fallait surtout ne pas faire de mauvais matchs. Moi je suis juste bien en ce moment. J'exploite mon potentiel. Ca fait plaisir quand certains me disent que je suis le meilleur latéral gauche du monde. C'est vrai que ça fait deux saisons que je suis dans la sélection mondiale de L'Equipe et 3 saisons dans le 11 type de Premier League.


L'équipe de France est-elle une des meilleures du monde?


Si tu prends les joueurs individuellement, oui. J'avais par exemple pensé que l'Euro était un réel gâchis avec les joueurs dont on disposait. Mais on sera les meilleurs seulement quand on aura gagné la Coupe du monde. Tant qu'on ne gagnera pas, les gens ne nous respecteront pas.


Comment expliquer les problèmes de l'équipe de France sur coups de pieds arrêtés?


La dernière fois que l'on avait eu de réelles difficultés dans ce secteur, c'était justement à l'aller contre la Roumanie. Ils jouent en bloc, un peu comme au  basket. L'essentiel dans ce genre d'exercice est la concentration. Ne pas lâcher son joueur et surtout bien regarder le ballon. Moi je suis au poteau et je ne dois pas faire la sieste. C'est ce que me disait Edwin Van der Sar (ancien gardien de MU, ndlr) : «Tu te mets près du poteau mais tu ne t'appuie pas dessus.»


Qu'avez-vous pensé des critique du président Jean-Pierre Escalettes?


Moi au château, je n'écoute rien. (On lui apprend la teneur des déclarations du président de la FFF, ndlr). S'il est inquiet, tant mieux. Nous, on n'est pas inquiet...


On se moque des Bleus dans le vestiaire de Manchester?

Comme je suis chambreur, ils m'attendent tous au tournant. Pour le 1-0 aux Féroé, je me suis fait titiller. Parfois, quand la France joue mal, Ferguson (le manager historique de Manchester) rentre dans le vestiaire en chantant la Marseillaise. Mais je m'étais déjà bien moqué quand les Anglais se sont fait battre par la Croatie ou quand ils ont regardé l'Euro dans leur sofa.