Le judo, pas assez costaud pour Riner?

Florent Bouteiller

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 France's Teddy Riner reacts after defeating Russia's Alexander Mikhaylin in their over 100kg final at the Paris International grand slam judo tournament February 8, 2009.  REUTER/Charles Platiau   (FRANCE)
 France's Teddy Riner reacts after defeating Russia's Alexander Mikhaylin in their over 100kg final at the Paris International grand slam judo tournament February 8, 2009.  REUTER/Charles Platiau   (FRANCE) — REUTER/Charles Platiau

Mardi, le champion du monde des lourds a créé un malaise en annonçant à l'Equipe qu'il se verrait bien faire du free fight.

Il y a le feu au lac à la Fédération française de judo (FFJDA). Revenus des championnats du monde à Rotterdam avec deux médailles d'or seulement et une de bronze, les bleus font triste mine et le bilan est relativement mauvais. «Il me faut des battants, des vrais», pestait René Rambier dimanche. Et il allait être servi par … Teddy Riner, qui n'avait pourtant rien à se reprocher. Mardi, le champion du monde des lourds a révélé dans les colonnes du quotidien sportif L'Equipe qu'il aimerait combattre contre le champion olympique en titre de sa catégorie, le Japonais Satoshi Ishii, converti depuis au combat libre. «Il m'a appelé récemment, certifiait Teddy Riner. On n'a jamais pu se croiser sur un tatami. Ça nous manque. Si la Fédération de son pays ne l'autorise pas, j'irai le défier dans son sport.»

Une mayonnaise qui prend

«Pour la Fédération, ça ne serait pas bon du tout, tranche sans détours Jean-Luc Rougé, le président de la FFJDA. Je comprends qu'il veuille se donner des défis, mais nous formons des athlètes au respect et on ne peut pas cautionner un sport où l'on veut détruire l'autre.» Même son de cloche du côté de Thierry Rey, président du Lagardère Paris Racing: «Pour moi, c'est spontané sans être mûrement réfléchi. Et puis, il a 20 ans. Tout le monde le voit grand mais c'est un gamin.» Pas d'affolement à la Fédération qui en vu d'autres: «Il a dit ça sans trop penser à ce qu'il disait. Et les journalistes font monter la mayonnaise sans même avoir cassé les œufs...»