Frédérique Jossinet rêve d'un titre pour finir

JUDO La moins de 48 kgs dispute ses derniers championnats du monde....

Florent Bouteiller

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Avec deux médailles dans son escarcelle, la France a débuté timidement les Championnats d'Europe et vécu une première journée frustrante alors que Frédérique Jossinet a manqué le titre et que deux Tricolores ont échoué au pied du podium, vendredi à Lisbonne.
Avec deux médailles dans son escarcelle, la France a débuté timidement les Championnats d'Europe et vécu une première journée frustrante alors que Frédérique Jossinet a manqué le titre et que deux Tricolores ont échoué au pied du podium, vendredi à Lisbonne. — Philippe Desmazes AFP

 Vice-championne olympique en 2004, vice-championne du monde en 2005… Frédérique Jossinet possède en moins de 48 kg un palmarès entaché par ces satanées finales perdues dans les grands rendez-vous internationaux. Souvent dans le dernier carré, la légère n’est jamais parvenue à s’adjuger un titre mondial, malgré son immense talent, notamment au sol.  Aujourd’hui, la doyenne de l’équipe de France (33 ans) a rendez-vous avec l’histoire à Rotterdam, pour enfin graver son nom dans le marbre. « C’est ce qui me motive, affirmait-elle il y a quelques jours à l’Insep. Le titre mondial, c’est mon ultime objectif. Après, on verra.»

L'éternelle Tamura


Immense technicienne, combattante aguerrie, la Française aurait sans doute un tout autre palmarès si elle n’avait pas croisé sur sa route Ryoko Tamura. Quintuple championne du monde et double championne olympique, la Japonaise possède le plus beau palmarès de tous les temps. Difficile de faire la différence quand on a face à soi, le monument du judo en personne, héroïne d’un manga à succès au pays du Soleil levant. Dans le rôle de son éternelle rivale, une petite blondinette qui lui tient tête:  Frédérique Jossinet. «Au Japon, je suis plus connue qu’en France», rigolait d’ailleurs la Française il y a quelques années, en apprenant qu’elle était un personnage d’encre et de papier.


Une Ryoko en cache une autre


En 2007 à Rio, en l’absence de Tamura, enceinte, l’occasion était belle pour «Fred» d’emporter son premier titre mondial. Mais c’était sans compter sur la relève japonaise. Parfois, une Ryoko en cache une autre.  Cette fois, c’est Tani, qui a réduit à néant les espoirs de Jossinet. Et aux JO de Pékin, une illustre inconnue kazakh a éliminé la Française et privé le public de son dernier duel avec Tamura, partie depuis à la retraite. Mais à Rotterdam, elle risque de retrouver une autre Japonaise sur son chemin, Tomoko Fukimi. 

Le cas Dragin

Mercredi, Dimitri Dragin défendra les couleurs de l’équipe de France en –60 kg. Le léger du JCMA aura fort à faire pour venir à bout de l’Autrichien Ludwig Paischer et surtout du Coréen Choï Min Ho, champion olympique en titre. Le Français, flamboyant au Tournoi de Paris, a connu une saison en dents-de-scie. En juillet, Dragin avait été obligé d’arracher sa sélection pour Rotterdam in extremis. Les raisons de cette sanction: un tournoi où le Français n’était pas au poids.