Nos conseils aux athlètes français avant une interview de Nelson Monfort

ATHLETISME Passer au micro avec Nelson ça se prépare...

A.P.

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Bravo à toi, athlète. Comme 74 autres filles et garçons, tu as gagné un voyage d’une semaine à Berlin pour les Championnats du monde d’athlétisme. C’est bien. Maintenant, il te reste à participer – car tu es d’abord là pour apprendre – et à enchaîner dans la foulée avec le passage obligé pour tout athlète français: l’interview par Nelson Monfort. Un jeu d’enfant? Peut-être. Mais il existe quand même quelques règles à respecter pour briller au micro du plus célèbre intervieweur sportif.

Une excuse tu plaideras
 
Bon, tu t’es planté en beauté dès les qualifications. Ce sont de choses qui arrivent. Nelson Monfort et France Télévision sont là pour te servir de cellule psychologique. Derrière toute contre-performance, il y a toujours une bonne excuse à invoquer. La meilleure excuse reste la blessure. Pas besoin pour ça d’avoir reçu un javelot dans le dos comme Salim Sdiri, une simple crampe aux mollets suffit à t’attirer la compassion débordante de l'intervieweur. N’hésite jamais à mettre cet échec sur le compte de la jeunesse. Dans l’athlétisme français, on est là pour apprendre. De 19 à 32 ans. Bref, si tu n’es pas trop mauvais, tu devrais avoir droit à un chaleureux encouragement de Nelson: «Soyez en certain, il y aura des jours meilleurs».

Simple tu feras
 
N’oublie jamais, tu n’as que deux minutes en tête à tête avec lui. Il faut faire court et viser la séquence émotion. Nelson travaille dans l’humain, pas dans l’analytique. La tactique ou technique, tu oublies. Tu auras tout le temps d’en parler avec le chef de la rubrique triple saut de L’Equipe.
 
Le sourire tu arboreras


Avec Nelson, c’est un peu comme à L’Ecole des Fans. Il n’y a que des gagnants et des «great champion». Tu es à deux mètres ou à deux secondes de ton record personnel? N’en fais pas un drame, montre que tu es content d’être présent en souriant à t'en décrocher la mâchoire. Tu auras droit au fameux: «Gardez ce sourire qu’on aime vous voir arborer».
 
Mais si tu veux pleurer, c’est encore mieux

Il le revendique lui-même, son micro c’est un peu le bureau des pleurs. Alors ouvre les vannes et chiale un bon coup. Tu pourras peut-être terminer dans le zapping de l’année comme Laure Manaudou à Pékin.

L’esprit d’équipe tu invoqueras

D’accord, invoquer la solidarité  en équipe de France, c’est aussi crédible que de parler du «magnifique défi sportif» pour un footballeur qui signe au Qatar. Mais fais plaisir à Nelson. Parle-lui de la belle solidarité qui règne dans cette «valeureuse» équipe de France. Nelson aime à la commémorer. Ne cherche pas à savoir pourquoi.

En aucun cas tu ne t’offusqueras pas

Dans un moment d’égarement, Nelson t’a servi du «muchas gracias amigo». Surtout ne prend pas la mouche, il t’a juste confondu avec un triple sauteur cubain.

Après rien ne t’oblige à rouler un patin à Nelson comme Amaury Levaux



… et si tu t’appelles Michael Johnson, tu peux laisser Nelson en plan