Roger Federer papa, ça change quoi?

TENNIS Le Suisse, de retour à la compétition mardi à Montréal, est prêt à remporter des tournois tout en pouponnant...

Romain Scotto

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Le tennisman suisse Roger Federer et sa femme Mirka Vavrinec, accompagnés de leurs jumelles, le 7 août 2009.
Le tennisman suisse Roger Federer et sa femme Mirka Vavrinec, accompagnés de leurs jumelles, le 7 août 2009. — G.Rodgers/REX FEA/SIPA

Tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir des tuyaux à donner à Roger Federer. Raquette en main, seul un Nadal sans tendinite semble habilité à lui faire la leçon. En revanche, hors des courts, même Mickaël Llodra peut jouer au prof, surtout quand il s’agit d’aborder le sujet sur lequel le Suisse planche depuis deux semaines: la paternité. A Montréal, c‘est un Roger Federer nouveau qui entrera sur le court, mardi soir. Le meilleur joueur de l’histoire (disent les Suisses) est aussi le père de ses jumelles, Charlène Riva et Mila Rose.

   
«Ça change beaucoup de chose dans une carrière, confiait Llodra à 20minutes.fr lors du dernier tournoi de Roland-Garros. Père de deux fillettes, âgées de 2 et 5 ans, le joueur de 30 ans reconnaît qu’il organise différemment son planning depuis que la famille s'est agrandie. «Ce n'est jamais facile quand on a le genre de vie que nous menons. Elles se rendent compte que je pars, que je quitte la maison. En règle générale, j'essaie de ne pas partir pendant trois semaines d'affilée. C'est parfois difficile parce qu'il faut faire des choix entre jouer un tournoi de plus ou rentrer à la maison.»

   
Moins de sommeil
    
S’il agissait comme le Français, Roger Federer ne gagnerait donc plus jamais trois tournois d’affilée. L’idée de trimballer toute sa petite famille sur les tournois ne semble pourtant pas l’effrayer. Selon lui, sa femme, Mirka Vavrinec, est là pour l’épauler. «Je suis heureux qu'elles aient pu m'accompagner pour ce long voyage, glisse le Suisse à son arrivée à Montréal. Nous allons passer cinq semaines en Amérique du Nord (jusqu'à l'US Open fin août). Mirka n'était pas stressée à l'idée de venir ici.»

   
Bouleversé, le Suisse est bien conscient que ses nuits seront désormais un peu plus courtes. Qu’il ne lui sera pas rare de pouponner entre deux matchs. Mais là encore, le patron du circuit balaye d’un revers lifté les doutes qui pourraient le perturber. «Je n'ai plus besoin de neuf ou dix heures de sommeil par nuit, comme au début de ma carrière. Je dors six ou sept heures et parfois je fais aussi des siestes.»
    

«Encore meilleur»
    

Dans l'entourage du joueur, personne ne s’inquiète pour l'avenir proche du Suisse. Un garçon qui a soulevé quinze trophées du Grand Chelem ne devrait pas sombrer sous les responsabilités. Pete Sampras: «Je ne vois pas Roger changer les couches à 4 heures du matin… Il s'agit d'un changement de vie, mais il a mis l'accent sur le tennis et il a le soutien de sa femme. Il n’est pas le premier à vivre cela». Même écho du côté de son compère de la pub Gilette, Tiger Woods. «J’étais censé devenir moins bon après la naissance de mon premier enfant. En fait, après cet événement, je suis devenu encore meilleur. Alors tous ceux qui pensent que ça peut le perturber ne comprennent rien.» Ou ne sont pas encore papa.