Comment les athlètes français préparent leurs Mondiaux

ATHLETISME Chaleur à supporter, bobos à soigner, les derniers préparatifs avant le grand départ pour Berlin...

Alexandra Patard

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Le champion de France 2009 du 800m Jeff Lastennet se prépare à l'Insep pour les Mondiaux d'athlétisme de Berlin, le 6 août 2009.
Le champion de France 2009 du 800m Jeff Lastennet se prépare à l'Insep pour les Mondiaux d'athlétisme de Berlin, le 6 août 2009. — APatard / 20minutes

A quelques jours de l’ouverture des championnats du monde de Berlin, la plupart des pensionnaires de l’Insep ont déserté les lieux. Les cours sont terminés et la plupart des étudiants sportifs sont déjà en vacances. Sauf quelques habitués du sprint, de la longue foulée, du saut ou du lancer. Une grande compétition approche.

Il fait beau et chaud en ce début du mois d’août. De quoi anticiper les fortes chaleurs attendues à Berlin pendant les Mondiaux. «Ils sont grands, ils savent ce qu’ils doivent faire», lance Bruno Gajer, l’entraîneur d’Elodie Guégan, Jeff Lastennet et Aurélie Kamga, trois des 78 Français prêts à s'envoler pour l'Allemagne. «On adapte les entraînements avec la chaleur», précise le coach. Les séances sont ainsi divisées en deux parties. «On en fait une en fin de matinée où on travaille sur le mouvement du bassin, et certains muscles en particulier. Et un deuxième en fin d’après-midi voire début de soirée, quand il fait très chaud». Footing autour du Lac des Minimes, dans le Bois de Vincennes, exercices de sprint le matin, muscu et fitness le soir. Les athlètes s’activent et peaufinent les derniers réglages avant leur rendez-vous. 

Nouvelles chaussures

Champion de France de 800m à Angers, Jeff Lastennet se donne à fond à toutes les séances d’entraînement. Et avec le sourire. «On s’entraîne au calme ici, c’est agréable», raconte le spécialiste du demi-fond. «L’avantage, quand il fait chaud, c’est qu’avec 10-15 minutes de footing, c’est bon, on est chauds». Que des avantages pour les athlètes, comme pour l’entraîneur qui apprécie la bonne humeur générale de son groupe. Mais, la météo n’est pas ce qui préoccupe le plus ce jeune étudiant en kinésithérapie. Ce sont les chaussures qu’il vient de recevoir de son équipementier. Une paire jaune fluo et une autre dorée, laquelle choisir? Après quelques sprints, Jeff Lastennet opte pour les plus souples. «C’est important de bien choisir. Faut que je sois bien dedans pour ma course à Berlin».



En marge de l’entraînement, il faut aussi soigner les petits bobos. Elodie Guégan, demi-finaliste sur 800m à Pékin où elle a dû abandonner à cause d’une blessure au tendon d’Achille, souffre toujours. Au tendon gauche cette fois. «Je fais des soins avec un kiné, je prends des anti-inflammatoires. C’est con à dire, mais on doit faire avec». Le traumatisme est là, même si la Bretonne ne veut pas entrer dans la psychose. Sur la piste, les athlètes font souffrir leur corps, mais pas n’importe comment. «Moi je travaille plus la puissance et la tonicité musculaire», indique Aurélie Kamga, qualifiée pour le relais 4x400m à Berlin. La ceinture, cet engin de torture à élastique, leur permet de caler le bassin pour insister sur les mouvements du corps pendant la course. Histoire d'éviter les blessures à quelques jours du départ pour les Mondiaux. Le 23 août, dans la touffeur du stade olympique, cela pourrait bien lui servir...