Ce qu'il se passe vraiment sur un 50m

NATATION Le décryptage de la course par Fabien Gilot...

Romain Scotto

— 

Le nageur brésilien Cesar Cielo, lors des demi-finales du 50m des championnats du monde de Rome, le 31 juillet 2009.
Le nageur brésilien Cesar Cielo, lors des demi-finales du 50m des championnats du monde de Rome, le 31 juillet 2009. — AFP
De notre envoyé spécial à Rome,

Sur 50m et en à peine plus de 20 secondes, il peut se passer beaucoup de choses. Samedi, en fin d'après-midi, Amaury Leveaux et Frédérik Bousquet prendront part à la course des chiens fous, au côté du Brésilien Cielo, déjà sacré sur 100m. En attendant le départ, 20minutes.fr s'est trouvé un consultant de choix, Fabien Gilot, membre du relais 4x100m et spécialiste du sprint, pour décrypter tous les ressorts de la course la plus spectaculaire des Mondiaux.

Retrouvez tous les articles sur les Mondiaux en cliquant ici...

Les coulisses des Mondiaux ici...


Ce n'est pas une course tactique. Faux
«Les trois qui seront sur le podium sont les trois qui seront devant aux quinze mètres. Les bons papillonneurs, comme Cesar, Fred ou Amaury, sont avantagés. Ils ont un très bon départ. Ça va être un des facteurs de la gagne. Sur le 50m, il faut vraiment rester concentré sur soi-même et, pour aller vite il faut savoir prendre le temps. C'est contradictoire. Il faut faire attention de pas monter sur un braquer trop rapide. Sinon tu ne finis pas. Il faut contrôler la vitesse. Avec le départ, on avance à plus de deux mètres par seconde, Une vitesse inatteignable simplement en nageant. On a juste à entretenir ça au début et commencer à relancer la course aux 30-35m. C'est la course des nageurs expérimentés. Celle des anciens, quoi.»

On ne peut pas se permettre de respirer. Vrai «On ne prend aucune respiration. Amaury a respiré en demie, mais je pense qu'en finale, il ne respirera pas. Après, il y a certaines courses qui se passent très bien et tu n'as pas besoin de respirer. Et d'autres, où tu sens qu'à 30-35m, tu dois prendre une respiration. Ça dépend vraiment du conditionnement d'avant-course. Le problème du départ, c'est qu'il faut pousser le plus fort possible et forcément, tu dégages de l'air. Mais il ne faut pas vider tes poumons. T'es obligé de souffler pour pousser fort. T'as pas le choix. Mais il faut quand même en garder pour le 50m. Et ça, on le réussit plus ou moins bien.»

On n'a pas le temps de penser dans l'eau. Faux «On a le temps de penser. Mais pour gagner justement, il faut réussir à ne pas penser. Il faut penser au schéma technique et tactique avant la course et une fois qu'on est sur le plot, nager. Ça nous est tous arrivé un jour de gamberger et c'est pour ça qu'on fait des erreurs. On regarde un peu ce qu'il se passe à côté et on essaye de corriger. C'est l'erreur qu'il ne faut pas faire sur 50m. On regarde tout droit. La ligne au fond du bassin, la tête baissée. Pas besoin de tourner la tête pour savoir qui est à côté de toi.»

On n'a pas le temps d'être fatigué sur une si courte distance. Faux «Si on s'y prend mal, ça peut faire très mal. Sans respirer, on peut avoir la tête qui tourne un peu au bout et une dose de lactate impressionnante. Crispé, ça peut paraître très long un 50m. Oui, on ne dirait pas comme ça, mais on peut vraiment charcler sur un 50m. Parce qu'on ne respire pas. Ça m'est déjà arrivé de ne pas me sentir bien à l'arrivée.»