Duboscq enfin à armes égales

NATATION Le médaillé d'argent du 100m brasse lutte avec un matériel compétitif à Rome...

Romain Scotto

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Le nageur français Hugues Duboscq, lors du 100m brasse des championnats du monde de Rome, le 26 juillet 2009.
Le nageur français Hugues Duboscq, lors du 100m brasse des championnats du monde de Rome, le 26 juillet 2009. — A.Bianchi/REUTERS
De notre envoyé spécial à Rome,

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Hugues Duboscq est un garçon fidèle. Depuis qu'il nage au plus haut niveau, le brasseur du Havre n'a jamais changé d'entraîneur, ni même de club. L'élève de Christos Paparrodopoulos n'est pas du genre à trahir ses engagements, même quand, au plus fort de la tempête des combinaisons, ses adversaires se mettent soudain à lui marcher dessus. Sans jamais succomber aux effets euphorisants de la Jaked, le médaillé d'argent du 100m brasse à Rome, prêt à remettre ça jeudi sur 200m, a pris son mal en patience.

Ces derniers mois, Duboscq s'est donc laissé décrocher, mais a toujours fait confiance à son sponsor, Adidas, qui lui promettait une combinaison compétitive pour ces Mondiaux. «On a vraiment connu beaucoup de galères», se souvient Paparrodopoulos, dont l'accent grec écorche mélodieusement la langue française. «Avant d'arriver ici, c'était dur. J'ai remis tout mon travail en question. Mais il faut avoir des valeurs, comme Hugues qui a respecté ses engagements.»

L'anti-Manaudou

«Toute ma garde rapprochée m'a soutenu, enchaîne Duboscq. On était vraiment concentrés sur l'objectif de Rome. On savait que je pouvais faire quelque chose. Avec la combinaison, je suis à armes égales.» L'équipement en question est finalement arrivé il y a un peu plus de deux semaines. La Hydrofoil d'Adidas, dernière née de la famille tout polyuréthane. Les premiers tests au Havre sont concluants. Idem pour ceux du stage de Castres, avec l'équipe de France. A Rome, c'est donc un Duboscq tout neuf qui a plongé dans la piscine du Foro.

«Je l'ai eu très tard et ce n'est pas un handicap. Pendant tout ce temps, j'étais bien planqué, dans mon coin, comme j'aime. Après, quand on est sur un pied d'égalité, les plus forts sont devant.»  Sans paniquer, celui que Paparrodopoulos oppose à Laure Manaudou dans son approche des courses - traduisez «pas le genre à se mettre la pression» - a remis lundi les choses en ordre. «Ça a toujours été clair dans ma tête. J'ai laissé passer la tempête. A Montpellier, même si je n'allais pas vite dans l'eau, j'étais l'un des athlètes les plus sereins.» Finalement, les choses n'ont pas vraiment changé.