Bousquet, nageur made in USA

NATATION Le sprinteur est le seul de la délégation française à s'être expatrié...

Romain Scotto

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Le nageur français Frédérick Bousquet, lors de l'Open de Paris, le 19 juin 2009.
Le nageur français Frédérick Bousquet, lors de l'Open de Paris, le 19 juin 2009. — C.Platiau/REUTERS
De notre envoyé spécial à Rome,

Son passeport l’atteste autant que son accent du midi, Frédérick Bousquet est bien français. Pas de doute là-dessus, il est même l’un des meilleurs espoirs de médaille tricolore, à Rome, où il entame ses épreuves individuelles mercredi, sur 100m nage libre. Dans le clan bleu, le sprinter tatoué présente pourtant une particularité. Il est le seul sélectionné qui ne passe pas la majeure partie de son temps sur le sol français.

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Licencié à Marseille, où l'entraîne Romain Barnier, Bousquet a choisi de se préparer aux Etats-Unis. Le nageur est inscrit depuis 2003 à l’Université de Auburn, dans l'Alabama. Un bon moyen de s’immiscer dans le fameux système NCAA, l’usine à champion du sport de haut niveau américain, basée sur un parrainage et un entraînement au sein des universités.

Plus de confiance

Jusqu’à présent, ses passages aux Etat-Unis se limitaient à quelques allers-retours par an. Mais depuis les Jeux de Pékin, le Français a modifié ses plans. «J'ai effectué un changement de méthode avec un retour sur Auburn qui s'est fait tôt dans la saison.» Laure Manaudou, sa petite amie, le rejoint quelques semaines plus tard. Au côté de Brett Hawke, son coach américain, il goûte aux préceptes locaux: fighting spirit et quête perpétuelle de la victoire.

«J’ai une plus grande confiance en moi à l'approche des courses, maintenant, reconnaît Bousquet. Brett m'a toujours dit que j'avais des qualités de sprinteur à développer et que je n'avais rien à envier aux meilleurs» Le résultat est plutôt probant. En un an, il améliore tous ses chronos, possède le record du monde du 50m et réalise en toute logique «la meilleure saison de toute sa vie».

Toujours pas de titre mondial

Il n’en faut pas plus pour faire de lui l'un des principaux favoris sur les deux épreuves de sprint (50 et 100m). Alors, pour évacuer la pression, Bousquet a une méthode simple. Il décline son palmarès. «Je n’ai jamais rien gagné en grande compétition. Lors des derniers Mondiaux, j’ai vu la finale des tribunes.» Imparable. Le plus expérimenté des Français à Rome ne serait donc pas (encore) un nageur de grand rendez-vous. Très régulier pendant l’année, mais jamais devant le jour J. Les mauvaises langues diraient «encore un peu trop français».