Le carnet de bord de la 9e étape

TOUR DE FRANCE Le peloton termine sa traversée des Pyrénées...

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 Alberto Contador et Lance Armstrong, à Monaco, le 2 juillet 2009.
 Alberto Contador et Lance Armstrong, à Monaco, le 2 juillet 2009. — REUTERS/Eric Gaillard
La 9e étape Saint-Gaudens – Tarbes (160,5 km)

Le troisième volet de la trilogie pyrénéenne se termine par un grand classique: l’enchaînement Aspin-Tourmalet. En ce deuxième dimanche, les coureurs du peloton vont se retrouver sur la route la plus souvent empruntée par le Tour de France puisque le col hors-catégorie du Tourmalet a été franchi 75 fois en course. Si les concurrents d’Astana veulent tenter quelque chose avant la journée de repos de lundi, c’est le moment. Seul petit souci, la bascule en haut de la dernière difficulté du jour se fait à 70 kilomètres de l’arrivée. Il va falloir attaquer à plusieurs pour ne pas se retrouver  isolé dans la plaine. Le maillot jaune, Rinaldo Nocentini, va devoir serrer les dents pour sauver sa tunique. Mais s’il passe aujourd’hui, il peut espérer rester en jaune pendant toute la semaine prochaine. Autre enjeu du jour : la bataille pour le maillot à pois (quatre Français dans les cinq premiers).  Bref, ça risque d’attaquer au pied d’Aspin. Espérons que ça ne se regroupe pas dans la plaine.
 

>> Une étape à suivre en live comme-dans-la-caravane dès 14h

>> A lire le blog d’Amaël Moinard

Le profil de l'étape du jour en vidéo:




Horaire:

Départ de Saint-Gaudens à 12h25 pour une arrive prévue entre 16h30 et 17h à Tarbes.


Le point sur les maillots

Le maillot jaune: Rinaldo Nocentini
Le maillot vert: Thor Hushovd
Le maillot à pois: Christophe Kern
Le meilleur jeune: Tony Martin

>> Le classement complet en cliquant ici


Les hommes à suivre:

Il y a des points à prendre ce dimanche pour le maillot à pois. Brice Feillu ou Christophe Kern risquent de placer une attaque dans Aspin. Reste à savoir si les jambes répondront car ces deux hommes ont fait beaucoup d’efforts depuis deux jours. Si la poisse le laisse peinard, on mise une petite pièce sur Amaël Moinard qui a coché ces étapes pyrénéennes ainsi que sur David Moncoutié que l’on n’a pas encore beaucoup vu (sauf en train de frotter en queue de peloton). Ces hommes seront accompagnés par un ou deux Basques et on miserait bien sur une victoire d’un Euskaltel Euskadi. Et pourquoi pas Sastre assez fort pour dompter cette étape et assez loin au classement général pour obtenir un ticket de sortie?  Dans le groupe des favoris, si Andy Schleck ne tente pas quelque chose, on veut bien embrasser sur la truffe un ours slovène des Pyrénées.

Le pronostic du jour: 1) Sastre  2) Contador 3) Schleck.


Le twitt du jour

Cadel Evans nous fait plaisir. Dimanche matin, l’Australien paraît remonté. «Un des rares moments de relaxation de ce Tour de France, je regarde un docu intéressant sur Mike Tyson». Si Cadel se découvre la rage, on peut s’attendre à tout en ce dimanche. Même à une morsure sur les mollets de Contador. Bon, dans la même salve de twitts, Cadel casse un peu notre appétit en avouant avoir mangé des Pancakes au petit-déjeuner. Un régime alimentaire très peu «tysonien».


La minute Jean-Paul Olivier


Difficile de faire le tri dans toutes les ascensions du Tourmalet. On se souvient de la résistance de Jacques Anquetil en 1957 ou encore de la frénésie d’Eddy Merckx en 1969. Mais, parce que l’on a jamais réussi à le détester, on ne peut repenser sans émotion à la défaillance de Greg Lemond en 1991. Une agonie sportive interminable dans un Tourmalet qui n’en finit pas. Pendant ce temps-là, le futur vainqueur, Miguel Indurain, emmène son grand braquet. Un passage de témoin entre les deux hommes. Lemond n’a plus jamais gagné le Tour. Indurain s’apprête à en claquer cinq.



Les expressions du cyclisme pour les nuls

Démarrer comme un avion de chasse :
Expression relativement récente, popularisée par des cyclistes grands consommateurs de kérosène. Elle est bien sûr utilisée en montagne lorsque le pur grimpeur s’extirpe du groupe des favoris en faisant passer les cadors pour des vieux coucous. Tout en légèreté et en rythme, l’avion de chasse se met sur orbite et grimpe en rupture. Le bourrin rouleur (on n’a pas dit Jan Ullrich) se contente de limiter les dégâts à son train. Le maître en la matière s’appelait Marco Pantani. Un démarrage unique que seul Lance Armstrong a pu suivre et qui s’est terminé au 7e ciel à Rimini. En 2008, l’expression est revenue à la mode grâce à Ricardo Ricco, dit le «Cobra», obligé de freiner en montée dans les virages des cols. Son kérosène s’appelait EPO Cera.