Les atouts insoupçonnés de la Meinau

Floréal Hernandez

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Des spécialistes mandatés par la FFF sont venus vendredi à Strasbourg étudier la possibilité d'agrandir le stade de la Meinau.
Des spécialistes mandatés par la FFF sont venus vendredi à Strasbourg étudier la possibilité d'agrandir le stade de la Meinau. — G. VARELA / 20 MINUTES

La fin du projet Hammerson, un mal pour un bien ? Depuis jeudi soir, on sait que Strasbourg n'aura pas un nouveau stade pour l'Euro 2016. Le géant britannique de l'immobilier, confronté à la crise financière, ne construira pas l'Eurostadium de 42 000 places ni sa zone commerciale et de loisirs de 90 000 m2 à Eckbolsheim. Certains ont alors craint que la candidature de la ville pour l'Euro 2016 n'en prenne un coup. Car le projet présenté il y a deux semaines, appelé « solution alternative » par le maire de Strasbourg Roland Ries, consiste à rénover la Meinau. Il n'avait jusqu'alors jamais été exposé. Or ce plan B pourrait bien présenter plus d'avantages que l'Eurostadium.

Quatre experts mandatés par la Fédération française de football étaient à Strasbourg, vendredi. Ces spécialistes en « stadium consulting » sont repartis séduits par le projet de la ville et de la Communauté urbaine. Aujourd'hui, lors du dernier conseil municipal de la saison, il devrait être présenté aux élus.

Dans l'optique d'accueillir l'Euro, une étude aurait été commandée en octobre 2008. Elle préconise un anneau supérieur à la Meinau. Trois scénarios sont envisagés : faire grimper la capacité d'accueil du stade à 30 000 places net (celles réservées aux journalistes et à mauvaise visibilité ne sont pas comptabilisées), à 35 000 ou à 40 000. La jauge sera choisie en fonction du coût et de la faisabilité. Une enceinte de 40 000 places permettrait à la ville de postuler aux matchs de poule et à un quart de finale de la compétition. Aujourd'hui, le coût de l'agrandissement oscillerait entre 120 et 150 millions d'euros, selon des sources proches du dossier.

Ce projet plaît car « ce sera un stade situé en centre-ville sans contrainte de places pour son agrandissement », a-t-on déclaré à 20 Minutes. Les abords de l'enceinte actuelle, dont la dernière rénovation date de 1984, devraient évoluer, avec la construction de parkings. Mais les principales voies d'accès - autoroute et tramway - sont déjà présentes. Le statut de capitale européenne constitue un autre atout de Strasbourg. La volonté affichée par la ville et la CUS d'accueillir l'Euro a impressionné les spécialistes envoyés par la FFF. « Il y a un vrai traumatisme à cause de la Coupe du monde 1998 », avoue l'un d'entre eux. On peut d'ailleurs imputer en partie la victoire de la droite aux municipales de 2001 à une ville déçue de n'avoir pas hébergé cette compétition.

La grande incertitude autour de la rénovation de la Meinau est le modèle juridique choisi : soit une maîtrise d'ouvrage publique, les collectivités gèrent le projet, soit un partenariat public-privé. « Le temps presse, prévient-on du côté de la « task force ». Au 15 septembre, ce modèle doit être trouvé pour la remise du dossier. » Soit dans deux conseils municipaux et un de la CUS ! Il ne faut pas non plus négliger la concurrence des autres villes candidates. Le Stade de France et le Stade-Vélodrome de Marseille, tous deux d'une capacité supérieure à 50 000 places, sont assurés de figurer parmi les neuf villes accueillant l'Euro 2016. Tout comme les nouvelles enceintes éventuelles de Lille, Lyon, Nice et Bordeaux. La capitale alsacienne bataille donc contre Nancy, Lens, Saint-Etienne, Toulouse, Nantes voire Paris, pour l'une des trois places qui restent à attribuer. « Strasbourg part en retard, reconnaît une source proche du dossier. Mais si la ville veut l'Euro, elle l'aura ! » W