La voile doit-elle redevenir un sport de plage?

VOILE Et abandonner la course au large?...

M. Go.

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Les Extreme 4O dans la baie d'Hyères le 2 juillet 2009 lors de la 2e étape de la iShares Cup.
Les Extreme 4O dans la baie d'Hyères le 2 juillet 2009 lors de la 2e étape de la iShares Cup. — D.R.

Pour sauver leur peau, les bateaux de course vont-ils devoir abandonner le large et redevenir des engins de plage? Au moment où la voile subit de plein fouet la crise économique (après le Vendée Globe, de nombreux skippers ont vu leurs sponsors abandonner le navire), la question envahit à nouveau les pontons et interpelle les sponsors.


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Surtout qu’un circuit alternatif semble tirer son épingle du jeu. Avec une formule simple: faire naviguer des bateaux extrêmes, barrés par des grands noms de la voile, à quelques dizaines de mètres du public dans des endroits très fréquentés (Venise, Hyères, Amsterdam, etc). «C'est vrai qu'on a regagné des sponsors depuis l'année dernière, explique Gilles Chiorri, l’organisateur de ce circuit de l’iShares Cup présent sur l’étape d’Hyères. Les marques semblent apprécier la formule qui s’étale sur toute l’année alors que les très grandes courses au large ont lieu tous les 4 ans». Cette saison, des habitués du grand large comme Franck Cammas, Loïck Peyron ou encore Mike Golding ont intégré le circuit. L’argument pécuniaire, le nerf de la guerre, est bien sûr à l’avantage des courses cotières (environ 350 000 euros pour un Extreme 40 et son équipage à l’année, plus d’un million d’euros pour un bateau du Vendée Globe, ndlr).


Un complément de la course au large


Abandonner le large pour reconquérir le public et donc les sponsors. L’idée n’est pas récente. Le Trophée Clairefontaine l’a développée en France avec un certain succès. Les immenses trimarans 60 pieds, les plus gros budgets de la voile à leur époque, d'ailleurs victimes de leur coût, s'efforçaient eux aussi de régater au plus près des côtes. «Sur les trimarans 60 pieds, on essayait de faire déjà du spectacle. Mais vu leur taille et leur puissance, c’est vrai que l’on ne pouvait pas aller partout», se rappelle Loïck Peyron, qui participe à l'iShares cup mais qui ne peut cacher un brin de nostalgie. «Nos 60 pieds étaient fantastiques. Je reste un des plus fervents partisans des grands multi océaniques.»


Loïck Peyron ou encore Ellen Mac Arthur, dont la société d'événementiel organise l'iShares Cup, doivent justement beaucoup à la course au large. Et notamment au Vendée Globe, une formidable machine à émotions et à histoires. La 2e place de la jeune Britannique en 2001 avait ému les foules. Et le dernier Vendée Globe n'a pas dérogé à la règle. La jeune Anglaise (décidément!) Sam Davies, lâchée par son sponsor la semaine dernière, s’est ainsi construit une jolie réputation en animant l'édition 2008-2009 à grands renforts de mails et de vidéos envoyées des mers du Sud. «Les courses comme l’iShares cup ne remplaceront jamais la course au large. Mais c’est vrai que pour de grands groupes, c’est un bon complément car cela permet d’étaler l’investissement sur toute l’année alors qu’un grand bateau de record ne navigue pas si souvent», explique Sébastien Josse, deux Vendée Globe à son actif. Parole d’expert: le sponsor de Josse l’abandonne à la fin de l’année.

Une première journée sous le signe d'Oman

Au terme de la première journée de l'iShares Cup - Hyères - TPM, Masirah de l'équipe Oman Sail s'est placé en tête du général provisoire. Dans un vent d'abord mollasson puis un peu plus consistant, les gars de Chris Draper se sont imposés dans 4 des 6 manches du jour. BT occupe la seconde place, talonné à un point par Renaissance skippé par Loïck Peyron qui court lui aussi sous les couleurs d'Oman.

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