Christophe Kern enfin dans la Boucle

Floréal Hernandez

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Banco à Monaco. Il ne s'agit pas d'un nouvel épisode d'OSS 117

ou du dernier SAS mais de la première de Christophe Kern sur le Tour de France. Le coureur de Rittershoffen attend depuis des années de participer à la Grande Boucle. Déçu, vexé, contrit d'avoir été évincé de la course par ses précédentes équipes. Jusque-là, il se rabattait sur la retransmission télévisée de l'épreuve. « C'est un soulagement d'être enfin dans la liste. Je veux être un peu acteur sur plusieurs étapes », annonce-t-il avant le départ de la course demain.

Avec ses coéquipiers, il est parti à la reconnaissance de quelques étapes : le contre-la-montre par équipe de Montpellier (4 juillet), les étapes alpestres de Martigny-Bourg-Saint-Maurice (21 juillet) et de Bourg-Saint-Maurice-Grand Bornand (22 juillet). Cette dernière effraie un peu Christophe Kern. « C'est certainement la plus dure avec cinq cols [dont quatre de première catégorie], dont la difficulté est progressive. Il ne faudra pas être hors-délai. » La peur cède le pas à l'émerveillement avec le départ de Monaco. « Ça va être grandiose avec un beau parcours. »

Mais lui a jeté son dévolu sur l'étape Vittel-Colmar du 17 juillet. Il est allé la reconnaître tout seul. « Elle est un peu casse-pattes en début de course. Mais ce n'est pas trop dur. Ensuite, il y a l'ascension du col de la Schlucht (1 139 m, col de 2e catégorie) qui ne devrait pas faire de dégât. Par contre, la montée du Platzerwasel (1 193 m, 1re catégorie), si elle n'est pas très longue, est très raide », analyse le coureur de 28 ans. « C'est une belle étape, poursuit-il. A mon avis, le vainqueur se trouvera dans une échappée de début de journée. J'aimerais bien être devant. Je serai l'un des plus motivés. »

Cette treizième étape sera l'une des deux (avec Limoges-Issoudun, le 14 juillet) où les oreillettes seront proscrites. « Ça change un peu la donne, reconnaît Christophe Kern. On aura les écarts entre le peloton et les échappés un peu en retard, mais ce sera moins pénalisant qu'aux championnats de France. »

Si le Tour de France était l'un des rêves du Bas-Rhinois, il l'aborde comme une autre course à étapes, ni plus ni moins. Il aura toujours dans ses valises quelques livres achetés à l'aéroport avant le départ pour Monaco, son ordinateur avec sa musique et ses films. Il ira emprunter les disques durs externes de ses coéquipiers s'il veut un peu de nouveautés. Néophyte sur le Tour de France, Christophe Kern ne tombe pas dans l'inconnu avec ses six années de professionnalisme et deux Giro et quatre Vuelta derrière lui.