Del Pino, les Bleus dans les yeux

David Phelippeau

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L'ex-joueur d'Endoume (au c.) voit sa nouvelle carrière comme un « aboutissement ».
L'ex-joueur d'Endoume (au c.) voit sa nouvelle carrière comme un « aboutissement ». — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

L'essentiel est invisible pour les yeux. Ce pourrait être la devise de Lawrence Del Pino, 36 ans, le sélectionneur de l'équipe de France des malvoyants (catégorie B2-B3, pour ceux qui ont un champ visuel réduit), qui débute son Mondial, à Beaulieu, lundi, contre le Royaume-Uni.

« J'ai deux passions dans ma vie, le foot et ma famille ! », affirme-t-il. Il y a un an, tout a failli s'écrouler. Pour raisons de santé, Lawrence - joueur à Endoume et membre de l'équipe de France B2-B3 - met un terme à sa carrière. La fin d'une aventure débutée en 1997. « J'avais l'impression de ne pas être allé au bout de mon rêve. » Ce rêve trouve pourtant un prolongement lorsqu'on lui confie les rênes des Tricolores. « Un véritable aboutissement », selon lui. Entouré de ses deux adjoints (Charly Simo et Anthony Heurteau), il sillonne les routes de France pour composer « sa » sélection. Huit joueurs de champ et deux gardiens de but « valides » formeront donc l'équipe de France (B2-B3), qui tentera d'aller chercher au Mondial nantais au moins... un podium. « Chut ! Il ne faut pas trop le dire, ça va nous mettre la pression », plaisante-t-il, prudent. Une sagesse sans doute inspirée de son confrère Raymond Domenech, qu'il a eu le « bonheur » de rencontrer. En mai 2008 notamment, à Clairefontaine, lors d'un rassemblement de l'équipe de France, des non-voyants (catégorie B1) s'étaient frottés à Ribéry et sa bande sur une petite opposition. Et la victoire était revenue aux aveugles. « Si on vous demande de jouer avec un bandeau, vous verrez, malgré le bruit du ballon muni d'un grelot à l'intérieur, c'est compliqué ! », rigole Lawrence. W