Le staff du XV de France meurtri

RUGBY Il déclare être tombé et Jo Maso évoque une baston entre joueurs...

M. Go. avec agence

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Le rugbyman français du Stade Français, Mathieu Bastareaud le 24 février 2009 à Paris.
Le rugbyman français du Stade Français, Mathieu Bastareaud le 24 février 2009 à Paris. — R.Duvignau/REUTERS

Que s'est-il vraiment passé dans la nuit de samedi à dimanche à Wellington, quelques heures après la défaite des Bleus face aux Blacks (10-14)? Depuis le week-end dernier, Mathieu Bastareaud affirmait avoir été victime d'une agression en sortant du taxi. Conséquence: un énorme traumatisme facial. Jeudi, le joueur a avoué avoir menti. Contacté par 20minutes.fr, Mathieu Bastareaud, en partance pour des vacances aux Antilles, n'était pas joignable mais il a diffusé un communiqué dans lequel il s'explique. «Samedi soir, je suis rentré à l'hôtel après avoir trop bu. Je suis tombé dans ma chambre, j'ai heurté la table de nuit et je me suis ouvert la pommette. J'ai eu honte, j'ai paniqué et j'ai cru que j'allais être renvoyé de l'Equipe de France. J'ai raconté cette histoire pensant que cela allait passer, mais vu l'ampleur que cela prend je préfère raconter la vérité. Je ne voulais pas choquer ma famille», a raconté le joueur qui s'exuse auprès des Néo-zélandais très émus par cette affaire. Le Premier ministre de la Nouvelle-Zélande avait même présenté ses excuses officielles.


Voir les débats provoqués par le cas Bastareaud cette semaine en Nouvelle-Zélande ici


 
Ce revirement du joueur a été provoqué par les révélations des dernières 24 heures. Car même si Mathieu Bastareaud n'a pas porté plainte,  la police néo-zélandaise a enquêté et s'est procuré des vidéos de surveillance. Sur ces bandes, on aperçoit Bastareaud qui rentre à son hôtel. Il n'est ni blessé, ni seul puisque deux joueurs et deux femmes l'accompagnent, selon la «TV One».


L'autre point contradictoire qui a obligé Bastareaud à s'expliquer est l'heure de son retour: ces vidéos montrent le joueur rentrant vers 3 heures du matin. Or, jeudi, lors d'un point presse, le chef de la délégation du XV de France, Jean Dunyach, a révélé que «le médecin l'a soigné à cinq heures et demie» dimanche matin.


L'hypothèse d'une baston dans une chambre

 

Au coeur de la nuit en Australie et à moins de 48 heures du troisième test match contre les Wallabies, le staff du XV de France a réagi. «On a défendu notre joueur. Malheureusement, il a menti à tout le monde. C'est regrettable. Je suis profondément meurtri», a déclaré le manager Jo Maso qui n'a pas exclu de prendre des sanctions. «On verra après les décisions que l'on va prendre avec la Fédération et le Comité de sélection.»

Reste que certains membres de l'encadrement se montrent plus prudent face à la nouvelle version de Bastareaud. «Autant on a soutenu sa première thèse, autant aujourd'hui face à cette deuxième affirmation, il est seul dans cette situation, même si on continue de le croire» , a ainsi estimé de façon alambiquée Jean Dunyach, vice-président de la Fédération française de rugby et chef de la délégation présente en tournée. Plus tôt dans la journée, Jo Maso était revenu sur l'hypothèse d'une altercation entre joueurs. «J'ai entendu dire qu'il y avait des joueurs qui se seraient battus entre eux. Moi, je n'ai eu aucun indice dans le groupe le lendemain allant dans ce sens».
 

Mathieu Bastareaud, 20 ans, a regagné la France mardi. Dans un communiqué, il s'était déclaré «surpris de l'ampleur médiatique» suscitée par son agression. Le centre Yannick Jauzion, qui avait déclaré forfait pour le second test-match face aux All Blacks, le troisième ligne Louis Picamoles, touché aux cervicales, le deuxième ligne Sébastien Chabal, blessé à un mollet, et le pilier Thomas Domingo, touché aux côtes, ont eux aussi quitté le groupe France dimanche.