Le tour de France des stades

FOOT La France doit construire et rénover ses stades si elle veut décrocher l'Euro 2016...

P. K.

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Attention, cela peut faire mal. L’avenir du foot français n’est pas entre les pieds de Franck Ribéry ou de Karim Benzema mais bien entre les mains des députés, qui examinent aujourd’hui un projet de loi sur le tourisme. Quel rapport? Le gouvernement a glissé dans ce projet de loi un amendement permettant aux enceintes sportives d’être classées d’intérêt général, ce qui autorisera les collectivités locales à financer en partie des stades privés et facilitera l’acquisition des terrains.

Une condition sine qua non pour le grand défi du foot français, l’Euro 2016. Son organisation passe par un programme de grande ampleur de rénovation et de construction de stades, comme l’a identifié la commission dirigée par Philippe Séguin. «Notre parc de grands stades est dépassé, rappelait Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Tourisme lors de la discussion de l’amendement au Sénat. Nous répondons tout juste aux normes de l’UEFA en matière de capacité; nous possédons cinq stades de plus de 40 000 places alors que l’Italie en compte douze.» Il faut donc rénover, et vite. Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel, a précisé que pour l’emporter, la France devra avoir «ses nouveaux stades en 2014».


Des normes UEFA très strictes



Avec Jean-Pierre Escalettes, son homologue de la Fédération française de football, il a donc entamé le 15 mai à Lille un tour de France des stades, qui comprendra 16 étapes. Sur ces 16 sites potentiels, ils en retiendront neuf, trois seront en réserve. Chaque site devra se conformer aux normes UEFA –plutôt drastiques– notamment en ce qui concerne la pelouse, l’éclairage, les sièges et les parkings. Pour l’organisation d’un Euro, l’UEFA impose huit stades d’une capacité nette de 30 000 places pour les matchs de poule, de 40 000 pour les quarts et demi-finales, de 50 000 pour les matchs d’ouverture et la finale. Seuls le Stade-Vélodrome et le Stade de France font partie de cette dernière catégorie. Pour les deux promoteurs du projet, c’est aussi un moyen d’accélérer la reprise économique. «Si nous lançons ce programme de rénovation des stades, cela va représenter 15 000 emplois pendant la phase de construction, de 2010 à 2014, assure Frédéric Thiriez. C’est créateur d’emplois et dans ce moment de crise, le football peut contribuer à la relance.»