Chants insultant Sala : La LFP ouvre une enquête, les ultras niçois ne comprennent pas les réactions

ENQUETE Mercredi soir, lors du match contre l'AS Saint-Etienne, des voix émanant de la Populaire Sud ont détourné un air créé en l’honneur du joueur du FC Nantes mort en mer dans un accident d’avion en 2019

E.M. avec AFP
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Des supporteurs de l'OGC Nice, mercredi soir à l'Allianz Riviera
Des supporteurs de l'OGC Nice, mercredi soir à l'Allianz Riviera — AFP
  • La commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a été saisie après le chant de supporteurs niçois insultant la mémoire d’Emiliano Sala, l’ancien joueur du FC Nantes, décédé en 2019 dans un accident d’avion.
  • Ces comportements ont été condamnés par l’actuelle ministre des Sports, l’entraîneur du club azuréen ainsi que celui du FC Nantes et d’autres personnalités comme le maire de Nice, Christian Estrosi.
  • Visée, la Brigade Sud Nice s'est exprimée ce jeudi dans un communiqué.

Les réactions n’en finissent plus et les sanctions ne vont plus tarder à tomber, sûrement après le 18 mai, lors de la prochaine réunion de la commission de la Ligue de football professionnel (LFP). L’instance a été saisie après le match de mercredi soir, opposant l’OGC Nice à l’ AS Saint-Etienne (4-2), à l’Allianz Riviera, et le chant injurieux entonné par des supporteurs niçois. Ils ont détourné un air créé en l’honneur d' Emiliano Sala, l’ancien joueur du FC Nantes, décédé en mer à 28 ans dans un accident d’avion en 2019.

Les Ultras niçois évoquent « le second degré »

Cet incident a suscité de nombreuses condamnations, dont celles de l’OGC Nice et de son entraîneur, Christophe Galtier. « On atteint des sommets dans la bêtise et l’indécence », a réagi jeudi Roxana Maracineanu, l’actuelle ministre des Sports, sur RTL. « Il y a des sanctions individuelles, des sanctions commerciales que le club lui-même peut prendre », a-t-elle dit. Le président de l’OGC Nice, Jean-Pierre Rivère, « sait qu’il a un attirail de sanctions » et le club peut se constituer partie civile, a-t-elle ajouté, insistant sur l’importance que « les clubs puissent agir à leur niveau ».

Visée, la Brigade Sud Nice s'est exprimée ce jeudi après-midi dans un communiqué qui ne sent pas le mea culpa. Bien au contraire. « 37 ans de bons et loyaux services (…), et voilà qu’après une erreur, puisse-t-elle paraître énorme ou non selon la pensée de chacun, tout est remis en question », est-il écrit. La BSN continue en évoquant « le second degré » qui fait « partie intégrante de la culture Ultra », avant de conclure en piquant son entraîneur : « M. Galtier parle d’une tribune comme du reflet de la société mais cela serait bien qu’il regarde autour de lui avant de parler de notre tribune. »



« La connerie humaine n’a pas de limite, je suis scandalisé », avait également réagi le coach nantais Antoine Kombouaré après la victoire de son équipe contre Rennes (2-1) mercredi soir. Ce jeudi, l’ancien Canari Valentin Rongier, qui avait été le coéquipier d’Emiliano Sala, s’est lui aussi exprimé en conférence de presse à Marseille. « Comme tout le monde, j’étais écœuré quand j’ai vu ça. C’est vraiment de la bêtise humaine. C’est gratuit et ce n’est même pas drôle. Ils voulaient faire les intéressants, mais toucher comme ça la mémoire de quelqu’un qui est parti, dans ces conditions du drame… J’étais vraiment dégoûté et ça m’a profondément touché. »



Christian Estrosi, le maire de Nice, a également condamné ces comportements à travers un tweet où il demande que « soient identifiés ceux qui en sont à l’origine et qu’on instruise cela avec la plus grande fermeté. Ils se sont disqualifiés d’eux-mêmes pour être dignes de supporter notre club ». Il a ensuite proposé que le portrait d’Emiliano Sala soit affiché à la 9e minute lors du prochain match de l’OGC, samedi, et que soient lancés des applaudissements.