Rafael Nadal: «Perdre à Roland-Garros ne serait pas une tragédie»

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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L'Espagnol Rafael Nadal face à l'Argentin Juan Ignacio Cela au tournoi de tennis de Monte-Carlo, Monaco, le 15 avril 2009.
L'Espagnol Rafael Nadal face à l'Argentin Juan Ignacio Cela au tournoi de tennis de Monte-Carlo, Monaco, le 15 avril 2009. — E. GAILLARD / REUTERS

Banane à la main mais pas au visage, Rafael Nadal débarque dans la salle de presse cossue du Master Guinot à Rueil-Malmaison. Vainqueur à l’économie d’Arnaud Clément dans un match sans enjeu (6-3, 6-2), l’Espagnol affiche un sérieux papal quand on lui parle de Roland-Garros. Pas de doute, le numéro un mondial a déjà la tête à sa quinzaine parisienne.

Est-ce que votre genou va mieux depuis la finale de Madrid?

Ça peut aller. Il y a des jours où ça va mieux que d’autres, mais j’espère bien être à 100% prêt pour Roland-Garros.

Quel adversaire craignez-vous?
Aucun en particulier. Je respecte tout le monde. Je me focalise d’abord sur mon jeu, si quelqu’un me bat, c’est qu’il l’aura mérité.

La défaite contre Federer à Madrid n’a rien changé à votre état d’esprit?
On ne peut pas gagner tous les tournois. Ma saison sur terre battue est déjà très bonne, peut-être la meilleure. Je gagne trois tournois, je fais finale dans le quatrième. Il n’y pas de honte à perdre contre un joueur comme Roger. Sans me chercher d’excuses, la surface le favorisait un peu plus, ma demi-finale contre Djokovic m’avait aussi demandée pas mal d’énergie. Mais il n’y a rien à redire: il était meilleur ce jour-la.

Federer peut-il gagner Roland-Garros cette année?

C’est une question un peu étrange. On parle quand même de quelqu’un qui sort de trois finales consécutives à Paris. Evidemment qu’il peut gagner ce tournoi.

Ressentez-vous une pression particulière à l’idée d’égaler le record de cinq victoires de Björn Borg?

Non, je n’y pense pas du tout. Il n’y a qu’une pression c’est celle des matchs à disputer. Cette année, j’ai déjà gagné l’Open d’Australie et trois Masters 1000, ça me donne une certaine sérénité. Roland-Garros reste un tournoi très relevé. Perdre à Paris, même tôt, ne serait pas une tragédie, il faut accepter la défaite.

À force de venir à Paris, vous n’auriez pas envie d’y vivre plus tard?
Non, non (sourire). C’est une très belle ville, l’un des plus belles peut-être. Mais je suis définitivement un garçon de Majorque.