Les supporters nantais lancent une campagne de désabonnements

FOOT Lassés par la politique de leurs dirigeants, ils menacent de ne plus se rendre à la Beaujoire...

R.S.

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Les supporters du FC Nantes, lors d'un match contre Montpellier, le 25 avril 2008 à la Beaujoire.
Les supporters du FC Nantes, lors d'un match contre Montpellier, le 25 avril 2008 à la Beaujoire. — J.Evrard/SIPA

Le communiqué n’excède pas dix lignes. Envoyé par Romuald, le porte-parole de la «Brigade Loire», l’un des principaux groupes de supporters du FC Nantes, il invite tous les amoureux du club à suivre un mouvement qui frôle le masochisme. L’idée est de résilier «dès à présent» leur abonnement et de ne pas le reconduire la saison prochaine pour marquer leur mécontentement à l’encontre des dirigeants. Quitte à mettre en péril les finances du club.

«Ensemble, et massivement, nous allons ainsi leur démontrer que les mécontents ne se limitent pas à quelques personnes, avance le communiqué. Nous sommes en effet nombreux à trouver intolérables les erreurs de stratégie et de communication. Puisqu'une discussion constructive est impossible, frappons là où ça fait mal... au portefeuille!»

Soutenir les équipes de jeunes


Pour faciliter le travail des 11.000 abonnés que compte le club, une lettre-type de résiliation a même été mise à disposition. Pour Romuald, le but n’est pas pour autant de lâcher les Canaris. Même si l’équipe descend en Ligue 2, les supporters nantais continueront de soutenir leur équipe. Mais sans se rendre à la Beaujoire.

«On pense à plusieurs façons d’agir. Organiser des grands rassemblements entre supporters pour voir les matchs dans des bars. Continuer les déplacements. Ou supporter les équipes de jeunes.» Des initiatives qui traduisent l’attachement des fans à «un club, une ville, des valeurs», mais pas à ses dirigeants.

«S’ils revendent le club, tant mieux»

En lançant cette campagne de désabonnement, les supporters nantais mettent donc la pression sur Waldermar Kita et son équipe, à la tête du club depuis août 2007. «On aimerait bien les faire craquer, poursuit Romuald. Le but, c‘est de provoquer une table ronde avec des investisseurs locaux, des anciens du clubs, pour proposer quelque chose. Et puis s’ils craquent, s’ils revendent le club, tant mieux.»