Lens - Boulogne, grand derby entre amis

FOOT L'un vise le titre en L2, l'autre la montée en L1...

Antoine Maes, à Lens

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Les supporters du RC Lens pendant une minute de recueillement, le 12 mai 2009 avant le match de L2 face à Reims.
Les supporters du RC Lens pendant une minute de recueillement, le 12 mai 2009 avant le match de L2 face à Reims. — SIPA
De notre correspondant,

A deux journées de la fin du championnat de L2, Lens veut conquérir le titre de champion dans le derby du Pas-de-Calais. En face, Boulogne est toujours en course pour la montée. Un choc tellement épicé, vendredi soir à Bollaert, que les Lensois ont reçu 55 000 demandes de billets.

Les enjeux – Huit points séparent les deux équipes. Mais des bouleversements en tête de la L2, ce derby du Pas-de-Calais pourrait en provoquer. «On veut aller chercher le titre» martèle un Jean-Guy Wallemme pour qui la montée en L1 ne suffit pas. Pour cela, il n’a besoin que d’un point, puisque Montpellier, le plus proche poursuivant, a déjà six points dans la vue. C’est à Boulogne que l’enjeu sera le plus brulant. En battant Strasbourg (1-0), lundi soir, l’USBCO s’est remis dans la course. Deux victoires pourraient permettre à Philippe Montanier d’atteindre la L1 avec un club qu’il a récupéré en CFA. Sauvés à la dernière minute du dernier match la saison passée, les Boulonnais sont les rois du suspense. Et cette saison encore, les coéquipiers de Yohan Lachor jouent avec l’ascenseur. Pour monter d’un étage, cette fois. «On n’a rien à perdre, tout à gagner. On ne doit pas se prendre la tête avec l’enjeu, sinon on va passer à côté», prévient Greg Thil, le meilleur buteur de L2 (17 buts).



L’ambiance – Le derby emblématique du Nord-pas-de-Calais, c’est Lille-Lens. L’ambiance y est toujours électrique, les deux clubs étant rivaux depuis des décennies. Mais cette saison, Bollaert, annoncé à guichets fermés, accueille un match de cousin, entre les «Margats» de la côte, et les «Boyaux Rouges» de l’intérieur. Les deux formations professionnelles du Pas-de-Calais entretiennent des relations de bon voisinage, voire de franche camaraderie. La plupart des supporters boulonnais le sont aussi du Racing. Et les fans Sangs et or, à la fin des matchs à Bollaert, ne manquent jamais d’applaudir à l’annonce d’un bon résultat boulonnais. Mais le match aller, remporté (3-1) par Boulogne, laisse un goût amer aux Lensois, vexés de s’être fait marcher dessus par les «petits». «C'est un match que l'on va jouer à fond parce qu'on est des compétiteurs, que l'on respecte l'ensemble des autres clubs et qu'il y a le titre en jeu. En plus, c'est notre dernier match à Bollaert. Il faudra un grand Boulogne pour nous battre», prévient Gervais Martel.



Le duel – Il oppose Yohan Lachor, défenseur central de Boulogne, à Aruna Dindane, l’attaquant de pointe lensois. Les deux joueurs se sont croisés au Racing, Lachor ayant quitté son club formateur en 2006, au moment où l’Ivoirien débarquait à La Gaillette. Pilier de l’USBCO depuis deux ans, «Yo», qui a joué avec Jean-Guy Wallemme sous le maillot lensois, fait partie de l’histoire sang et or. En 1998, son but égalisateur à Auxerre a permis aux Artésiens de conquérir leur seul titre de champion de France. «Je suis très fier d'avoir porté ses couleurs, d'avoir pu donner du bonheur aux gens, du malheur aussi car je n'ai pas toujours été très bon et le public me l'a fait savoir aussi, ce qui est tout à fait normal», explique celui qui fait aujourd’hui le bonheur du Stade de la Libération. Ce soir, il croisera très souvent l’Ivoirien. Chouchou de Bollaert, Dindane se remet doucement d’une grave blessure au genou qui l’a privé de toute la première partie de saison. Et comme à chaque fin de saison, on parle de lui pour un transfert vers…à peu près toute l’Europe. «Je préfèrerais que l’on ne parle pas de mon départ, si tant est que je parte, plutôt que de commencer à parler à droite, à gauche… A la fin, c’est toujours la même chose. Je suis toujours là», sourit l’Ivoirien. Lui et Yohan Lachor ont les clés du derby.