Gaël Monfils: «Pour Roland-Garros, je ne suis pas prêt»

TENNIS Le Français, toujours sur une jambe, n'est pas sûr de prendre part au tournoi...

Propos recueillis par Romain Scotto

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 Gaël Monfils en finale du tournoi d'Acapulco face à Nicolas Almagro, le 28 février 2009.
 Gaël Monfils en finale du tournoi d'Acapulco face à Nicolas Almagro, le 28 février 2009. — AFP PHOTO / Alfredo ESTRELLA

Son match d'exhibition face à Marcos Bagdhatis est terminé depuis quelques minutes. La correction qu'il vient de subir (6-4 ; 6-0) ne lui ôte pas son sourire. Mais Gaël Monfils ne fait pas mystère de la douleur au genou gauche qui l'empêche de jouer correctement au tennis (le kiné est venu à cinq reprises à sa demande pendant la rencontre). Sa participation à Roland-Garros apparaît bien incertaine.

Pouvez-vous dire aujourd’hui si vous jouerez le tournoi?

Non, je ne suis pas en mesure de le dire. Si je me décidais aujourd’hui, ce serait non. J’ai toujours mal au genou. Hier soir j’avais de grosses douleurs au genou. C’est dur. J’avais le genou gonflé. Même aujourd’hui, je ressens de fortes douleurs sur certains déplacements. J’essaye de serrer les dents, mais au fond de moi, je sais que ça travaille dans mon genou.

Vous vous donnez quelle chance de participer?

A l’heure actuelle, c’est du 50-50. J’espère jouer lundi, c’est certain. Il me reste quelques jours. J’ai encore un peu de temps. Mais je ne saurai qu’au dernier moment. Là, je ne suis pas prêt.

Dans ces conditions, que pouvez-vous espérer si vous jouez?

J’ai eu plusieurs discussions avec les médecins. C’est toujours la même chose. C’est une douleur que je devrai gérer pendant un bon moment. J’ai deux petits morceaux qui frottent dans le genou. Il faut que j’arrive à jouer avec. Quand je vais chercher loin avec la jambe, ça fait mal.

Vous pensez vous faire opérer si la douleur persiste?


Oui, j’y pense. Mais c’est six mois d’arrêt. C’est soit ça, soit je tente de continuer avec la douleur. Ce serait mieux de me faire opérer. Mais ça peut disparaître. Avec des soins, des phases anti-inflammatoires. Je suis jeune, six mois, ce n’est pas la fin du monde. Un homme blessé n’est pas mort.

A Roland, vous jouerez sous infiltrations?

Non, non, je ne pense pas. Ce serait une connerie. Je vais me déchirer, me bousiller le genou. J’espère que j’arriverai à joueur un tennis propre, c’est tout.

Si vous faites une croix sur Roland, cela pourrait vous convaincre de vous faire opérer?

Même si je ne faisais pas Roland, je jouerai au tennis. Je préparerai Wimbledon. Et même la suite.

Mais à quoi bon s’entêter alors?

Au fond de moi, je suis un guerrier. Je suis là à chaque moment. Si je rentre sur un terrain, il n’y aura pas de problème. Si je joue, c’est que ça va. Je peux faire un bon Roland. Pourquoi pas faire mieux que l’année dernière?