Les Français n'arrivent pas en terre conquise à Roland-Garros

TENNIS Les derniers tournois n'incitent pas à l'optimisme...

Alexandre Pedro

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Jo-Wilfreid Tsonga et Gilles Simon (à droite) à Roland-Garros, le 4 novembre 2008.
Jo-Wilfreid Tsonga et Gilles Simon (à droite) à Roland-Garros, le 4 novembre 2008. — SIPA

Le tennis français vit de paradoxe. Malgré la présence de trois joueurs dans les onze premiers du classement ATP, la perspective de ce Roland-Garros 2009 suscite plus l’inquiétude que l’enthousiasme. Catastrophiques à Monte-Carlo, guère plus fringants à Rome et Madrid, les tricolores alignent les revers cette saison sur terre battue et sont incapables d’enchaîner plus de deux victoires de rang. Entre les doutes de Simon, les genoux meurtris de Monfils et la suspension de Gasquet, l’optimisme n’est pas de rigueur. Ancien entraîneur d’Arnaud Di Pasquale et de Julien Benneteau, Alain Solvès nous aide à trouver quelques motifs d’espoir.

Jo-Wilfried Tsonga «prépare un grand coup»

«Je pense qu’il attend Roland-Garros, il prépare un gros coup, prophétise Alain Solvès arguments à l’appui. Jo est un homme de Grand Chelem, il sait se préparer pour ces événements, il ne va pas se poser de questions par rapport aux attentes autour des joueurs français. D’accord, il manque de matchs sur terre battue, mais il a déjà prouvé qu’il pouvait revenir de blessure et très bien jouer dès son retour.» Solvès note un impératif à un bon parcours du numéro neuf mondial. «Il faut qu’il fasse beau. Avec des conditions rapides, il peut s’appuyer sur son service dans les premiers tours. Si un garçon comme Verkerk a fait une finale (en 2003), ça laisse quand même de l’espoir», note Solvès. Sans aller jusqu’à parler de finale, Tsonga a déjà un premier objectif plus immédiat: enfin passer un tour à Roland-Garros. En 2005 lors de son unique participation, le Manceau avait subi la loi d’Andy Roddick.

Gilles Simon et Roland, un amour contrarié


Entre le numéro un Français et Roland-Garros, il existe comme un hic. En quatre participations, Simon n’a gagné qu’un match Porte d’Auteuil. Ses dernières performances sur terre n’incitent pas plus à l’optimisme. «A un moment j'ai carrément envie de partir du court parce que ça me fatigue», confessait-il après sa défaite contre Ivan Ljubicic à Madrid. «Il essaye de faire évoluer son jeu, d’aller plus vers l’avant, mais ne sait pas avec précision où il en est, il doute, constate Alain Solvès. Avec son statut de tête de série, il devrait avoir deux tours abordables pour emmagasiner de la confiance.»

L’inconnu Monfils

Demi-finaliste surprise en 2008, «Sliderman» aime la terre battue. Problème, sa dernière sortie sur un court remonte à une lourde défaite contre Tipsarevic à Monte-Carlo le 14 avril dernier. Depuis, Gaël Monfils ne décolle pas de l’infirmerie, la faute à des tendinites aux deux genoux. «C’est l’inconnu total, personne ne sait où il en est», avoue Alain Solvès. On devrait en savoir mercredi à Rueil-Malmaison, où sa présence est annoncée dans le cadre d’une exhibition. «Il ne faut pas s’attendre à un miracle. Physiquement, ça risque d’être difficile de tenir la distance sur cinq sets», prévient Solvès.

Jérémy Chardy pour confirmation


Demi-finaliste à Munich, le Palois surnage dans le marasme ambiant. Embusqué Simon et Tsonga, Chardy (22 ans) peut confirmer son huitième de finale de 2008 (avec des victoires sur Nalbandian et Tursunov au passage). Si le tirage au sort lui sourit, l’élève de Frédéric Fontang a les armes pour imposer son tennis d’attaque et viser une deuxième semaine.

A lire son portrait

Les outsiders

Avec une armada de seize joueurs dans le tableau final, une bonne surprise n’est jamais à exclure. Malgré des résultats en dents de scie cette saison, Julien Benneteau sait se transcender à Paris ou il a déjà atteint les quarts de finale en 2006. Alain Solvès met lui une pièce sur «une perf de Paul-Henri Mathieu ou de Florent Serra, des garçons qui aiment la surface». Encore faut-il éviter de croiser la route d’un Nadal, Federer ou Djokovic trop tôt dans la semaine.