Lens a déjà la tête à la Ligue 1

FOOTBALL Le club Sang et Or n'aura passé qu'un an en Ligue 2. Tout n'est pas pour autant rose du côté des Artésiens...

Antoine Maes

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Le Lensois Yohann demont (à droite) à la lutte avec un Rémois, le 12 mai 2009, à Bollaert.
Le Lensois Yohann demont (à droite) à la lutte avec un Rémois, le 12 mai 2009, à Bollaert. — SIPA
A Lens, notre envoyé spécial
 
Mission accomplie. Un an presque jour pour jour après leur relégation en Ligue 2, les Lensois sont de retour. Malgré sa défaite à Brest (3-1), vendredi, le Racing est assuré de revoir la Ligue 1 l’année prochaine. Pourtant, ce samedi matin, lors du décrassage à La Gaillette, ils n’étaient qu’une petite centaine de supporters à venir féliciter l’équipe qui a remis le club sur les rails. Dans l’Artois, on ne se voile pas la face: la vraie surprise aurait été de rester une année de plus dans l’antichambre de l’élite.
 
«Ce n’était pas si simple que ça»

«Il ne faut pas minimiser ce qu’on a fait», tempère tout de même Jean-Guy Wallemme, l’entraîneur Sang et Or. Sa tâche n’a en effet pas été simple. A la reprise, il a hérité d’un groupe de 40 pros, entre ceux qui voulaient partir, ceux qui venaient d’arriver, et ceux qui auraient aimé rester mais qui sont partis quand même. «On avait un effectif de L1, mais on était en L2. Heureusement, une méthode s’est dégagée, et toute la saison, il y a eu une honnêteté mutuelle», se réjouit le coach. «Après coup, on peut dire que c’était logique ou facile. Mais ce n’était pas si simple que ça», admet Gervais Martel, les traits tirés après être revenu de Bretagne en pleine nuit.

Bon an mal an, avec un jeu la plupart du temps médiocre, Lens a très souvent squatté le podium, avant de s’installer dans le fauteuil de leader. Et de connaître la seule vraie frayeur de la saison, au début du printemps, avec une série de 5 matchs sans victoire. A ce moment-là, l’idée de ne pas monter a effleuré le groupe. «On y a pensé, admet Kevin Monnet-Paquet. Mais ensuite, on enchaîne deux victoires contre Strasbourg et Montpellier. Après ça, on s’est dit que ça allait passer.»
 
«On aura le 14e ou 15e budget de L1»

L’avantage, c’est donc d’avoir un peu de temps pour préparer le retour de Lens sur les pelouses de L1. Car malgré tout, la relégation a laissé des traces. «Le 17 mai 2008, on était dans le coma. Le 18, on a recommencé à fumer. Et le 19, on s’est remis à bosser. Mais aujourd’hui, l’objectif est rempli. La saison prochaine, on aura le 14e ou le 15e budget de L1», annonce Gervais Martel. Le président artésien est fier de pouvoir annoncer que «90% des partenaires du club  ont déjà resigné». Pour le reste, c’est encore flou, à l’image de la situation de Jean-Guy Wallemme, qui n’a toujours pas été officiellement confirmé. «On va se voir. Il y a des choses qui ont bien fonctionné, d’autres moins», élude Martel. Voir arriver Guy Lacombe sur le banc de Bollaert est donc toujours possible.

Au rayon transferts, l’arrivée du Brésilien de Guingamp Eduardo devrait se confirmer très rapidement. Et dans le sens des départs, rien n’est encore définitif, même si Lens doit trouver 8 millions d’euros pour équilibrer son budget. «Si on peut garder Aruna Dindane, on le gardera», explique d’ailleurs Gervais Martel. Revoir le Racing dans la 1re partie du tableau n’est pas encore l’objectif affiché. «On fera avec nos moyens, mais avec de l’ambition. On n’est pas devenu des saltimbanques. L’objectif, ça va être de produire du jeu, de donner du plaisir», conclut Gervais Martel. Et s’il est atteint, la Ligue 2 ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir.