Les Girondins ont la victoire en tête

Rémi Bostsarron

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L'histoire se répète. A Valenciennes (1-2), mercredi, comme récemment

à Rennes (2-3) ou contre Nancy (1-0), Bordeaux a arraché en fin de match une victoire qui semblait compromise. Une capacité à forcer son destin de candidat au titre qui pourrait lui être encore utile demain, face au Mans (15e), car les Sarthois joueront à Chaban-Delmas une partie de leur avenir en Ligue 1. « Cet esprit de révolte, on l'a en nous, affirme Mathieu Chalmé. On lutte pour le titre, on essaie de tenir la cadence de l'OM et on se dit que ce serait dommage de tout gâcher. »

Maintenant que leur billet pour la Ligue des champions est pratiquement validé, les Girondins n'hésitent plus à parler des sentiments que suscite l'hypothèse d'un sacre. Né à Bruges et formé à Bordeaux, Chalmé est de ceux pour qui cette belle aventure sous le maillot marine et blanc revêt une dimension sentimentale particulière. « C'est le plus grand moment de ma carrière, confie-t-il. J'en ai connu à Lille, mais là c'est dans mon club, ma région. C'est exceptionnel. J'ai forcément envie d'aller au bout. Je serais très déçu d'échouer si près du but. »

Cette force de caractère, qui permet aux Bordelais de rester sur huit succès consécutifs, réjouit Jussiê, pour qui le championnat « se jouera au mental ». Le milieu brésilien a déjà connu la joie d'une course au titre, en 2003, avec Cruzeiro. « Cette sensation spéciale, je suis en train de la retrouver, assure-t-il. A Valenciennes, alors que Marseille avait gagné, on n'était pas sous pression, on ne s'est pas affolés. On sent qu'on peut être champions, mais on ne connaît pas la peur de gagner, au contraire. »

Malgré cette assurance affichée, les Girondins n'auront rien contre une petite aide extérieure, demain : celle de leurs supporters. « Je lance un appel au public, annonce Laurent Blanc. Je ne lui reproche pas d'être trop timide, mais d'être trop peu nombreux. Etre soutenus par un stade plein, ça nous ferait du bien. » W