Le nouveau défi de Phelps

M. Go.

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Le champion olympique Michael Phelps lors du tournage d'une publicité pour Mazda à Pékin, Chine, le 13 janvier 2009.
Le champion olympique Michael Phelps lors du tournage d'une publicité pour Mazda à Pékin, Chine, le 13 janvier 2009. — J. LEE / REUTERS

Revoilà le monstre. Après ses vacances agitées (traqué par des paparazzi à la plage comme à la ville, sa couverture enfumée du tabloïd «News of the world» lui a valu 3 mois de suspension), le grand Michaël Phelps replonge à l’eau vendredi. Au meeting de Charlotte, le jeune homme aux 8 médailles d’or à Pékin va s'aligner sur cinq courses dont deux qui seront particulièrement scrutées par le monde en ébullition du sprint mondial: le 50 m libre samedi et surtout le 100 m libre dimanche. Deux courses inédites pour le nageur de Baltimore. Un défi à la mesure de son talent. 

 

«Sur le relais 4X100 à Pékin, il tourne en moins de 48 secondes à 20 ou 30 centièmes du podium de la finale olympique», constate Romain Barnier, entraîneur de Frédérick Bousquet au Cercle des Nageurs de Marseille. Mais il va falloir quand même qu’il adapte sa physiologie au sprint moderne. A Athènes en 2004, en finale du 100 m, il y avait autant de spécialistes du 50 m que du 200 m comme Thorpe. A Pékin, il n’y avait plus aucun spécialiste du 200 m.» En quelques années, les gros bras ont pris le pouvoir dans les bassins et Alain Bernard, recordman du monde en 46’’90 aux championnats de France, est devenu le symbole de cette nage tout en puissance.

 

Bienvenue chez les fauves

 

Un constat que semble avoir fait de lui-même l’Américain, qui a promis «un changement d'ampleur» dans sa nage. «Il va attaquer l’eau différemment. Son coude sera moins plié. C’est beaucoup plus éprouvant mais ça fonctionne. Tout me monde fait ça et les infos circulent sur Internet. Il faut juste que ses fibres musculaires soient assez résistantes», explique Romain Barnier. Un changement technique qui devra aussi s’accompagner de modifications stratégiques. «Il a l’habitude, notamment sur ses 100 mètres papillon de partir lentement sur le premier 50 et de revenir comme une bombe sur le deuxième. Sur le 100 m nage libre, face à des gars comme Sullivan et Bernard qui partent vite, ça ne marchera pas», explique Franck Esposito, entraîneur à Antibes.

 

En parlant des sprinters français, Phelps va en croiser un dès samedi. Frédérick Bousquet, le récent champion de France, qui réside aux Etats-Unis, s’aligne sur le 50. Et le phénomène Phelps ne semble pas forcément angoisser les tricolores. «Après les 46’’9 d’Alain (Bernard), Frédérick pense surtout à passer sous les 47 secondes. Quant à  nos sprinters qualifiés pour le relais, ils rêvent surtout de prendre leur revanche aux mondiaux sur le relais américain, qui les avait battus à Pékin», confie Barnier. «Alain? Les 7 noms qu’il y a autour, il n’en tient pas compte. Lui il a toujours fonctionné en prenant comme adversaire le chrono. Il ne va pas changer maintenant», explique-on à Antibes, le club d’Alain Bernard. Bienvenue chez les fauves Michael.