Un Football Club de Nantes sans foi ni voix

David Phelippeau

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Le pire du pire, c'est l'attente du pire. Avec sa nouvelle défaite à Lyon (3-0),

mardi soir, le FC Nantes (19e) a encore un peu plus creusé sa tombe. Hier matin, la Jonelière ressemblait davantage à un cimetière qu'à un centre d'entraînement. L'habituelle séance d'étirements s'est effectuée dans un silence pesant. Puis, à la fin, Elie Baup est resté un long moment debout. Seul, les yeux noirs dans le vide. Quelques instants plus tard, il a honoré son point-presse. Il a bredouillé quelques réponses, sans se montrer bien convaincant. « Il faut être plus agressifs, plus solides défensivement. Sans ça, il y a peu d'espoir », a-t-il concédé. Il a exhorté ses joueurs « à toujours faire plus, puiser des forces au fond de soi ». Le fameux « surpassement », qu'il réclame depuis des semaines, semble pourtant suranné...

Ses troupes sont-elles résignées ? Baup fait du classique. « Dans la préparation du match, dans les discussions que j'ai eues avec les uns et les autres, je n'ai pas senti ça. Après, il y a le terrain et ce qu'on peut ressentir de l'extérieur. Mais, je n'ai pas ressenti ça... » D'autres, en revanche, le ressentent. Pascal Praud, au détour d'une longue tirade, a eu cette remarque lourde de sens, hier en fin de matinée : « On est obligés d'y croire, sinon ça serait une démission supplémentaire ! » Il sous-entend sans doute que certains joueurs ont lâché sur le terrain. Au club, beaucoup ont fait ce triste constat depuis déjà bien longtemps. L'insigne incurie de quelques joueurs, mardi soir, à Lyon, n'a été qu'une confirmation supplémentaire. Si Elie Baup s'abstient d'admettre le renoncement de certains, son ami Christophe Dugarry - consultant sur Canal + pour cette rencontre - s'en est chargé. Sans retenue. « Duga » n'a pas loupé les Canaris, stigmatisant au premier chef l'absence totale d'envie... Très grave pour une formation qui joue sa vie sur chaque rencontre. Hier, seul Ibrahim Tall (voir ci-dessous) a accepté de s'exprimer. Les journalistes présents ont dû s'accommoder de quelques refus polis et de beaucoup de fuites discrètes, à l'abri des sapins de la Jonelière... « Pas aujourd'hui, je n'ai pas le moral ! », nous a rétorqué, en montant dans sa voiture, le capitaine, Frédéric Da Rocha, visiblement très touché psychologiquement, à l'issue de la défaite mardi. Loïc Guillon, toujours prompt à répondre à la presse, a adressé un petit signe de la main en guise de refus. Yoann Poulard n'a manifestement plus le coeur à venir s'expliquer... Car il n'y a finalement plus rien à dire. Ou si, beaucoup, mais beaucoup de choses qui fâchent sans doute. Avec 33 points au compteur, les Canaris sont mieux classés qu'il y a deux ans (20es), mais moins bien lotis au niveau comptable (34 points). « Rennes, c'est une forme de dernière chance... », estime Pascal Praud. Quelques minutes plus tard, c'est de l'avenir en L2 dont il est question avec le directeur général délégué... W