Après Ferrari, Renault menace de se retirer de la Formule 1

FORMULE 1 Le lendemain de Ferrari, c'est au tour de Renault de mettre la pression sur le FIA...

M. Go.

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C'est Fernando Alonso qui sera cette fois le principal contradicteur des Ferrari. Quatrième sur la grille au Canada, il est le premier bénéficiaire de la punition infligée à Hamilton et partira cette fois troisième.
C'est Fernando Alonso qui sera cette fois le principal contradicteur des Ferrari. Quatrième sur la grille au Canada, il est le premier bénéficiaire de la punition infligée à Hamilton et partira cette fois troisième. — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Après Ferrari, Renault a amorcé sa bombe à retardement. Par la forme d'un simple communiqué, l’écurie française au losange a menacé mercredi de quitter le circuit de la Formule 1. Rien que ça. «Si les décisions annoncées par le Conseil Mondial le 29 avril 2009 ne sont pas révisées, nous n'aurons pas d'autre choix que de nous retirer du Championnat», a déclaré Flavio Flavio Briatore, le directeur général de l'écurie française.

Comme Ferrari mardi, Renault tape du poing sur la table. Les raisons de la colère de ces deux écuries? Après la révolution de 2009, Max Mosley, le président de la FIA, veut une nouvelle fois imposer de profonds changements à la Formule 1 afin d'en réduire les coûts. Une nouveau virage prévu pour 2010 et dont ne veulent pas les grosses écuries déjà très perturbées par les nouvelles réglementations mises en place en début de saison pour sauver la Formule 1 menacée par la crise économique.


Bientôt Toyota et BMW


Cet énième bras de fer  entre les écuries et la Fédération a débuté fin avril. Sans prendre en compte les idées de la Fota (l'association des écuries), la FIA fait alors connaître son nouveau règlement pour 2010. Il laisse plus de liberté technologique (ailerons avant et arrière ajustables, régimes moteurs non limités) aux écuries qui accepte de plafonner leur budget à 40 millions de livres sterling par an (45 millions d'euros). Les équipes qui dépenseront plus seront moins libres technologiquement. «Mosley veut protéger les petites écuries. Car si un jour, les gros constructeurs comme Mercedes ou BMW se retirent, il ne restera plus que les petites structures. Comme avec Brawn après le départ de Honda cette saison», analyse Jean-Louis Moncet, journaliste d'Auto Plus, dont le blog très informé suit ces développemments de près.


Incapables de s'adapter aux nouvelles réglementations déjà mises en place cette saison, les grosses écuries s'insurgent contre ce nouveau bouleversement. Elles avancent en effet ne pas pouvoir réduire leurs coûts dans un temps aussi court (certaines emploient 500 personnes et devraient se séparer de la moitié de leur effectif) et estiment donc qu'elles seront plus pénalisés par ce nouveau règlement que les petites écuries. Du coup, elles préféreraient attendre 2012 pour modifier à nouveau les règles du jeu. «Nous ne pouvons pas nous inscrire dans un championnat à double niveau réglementaire», a ainsi affirmé le président du team Renault-F1, Bernard Rey.  «Mosley va beaucoup trop vite», confirme Moncet.


Depuis le début, c’est Ferrari qui mène la fronde. Dès mardi, la Scuderia avait dégainé la première en menaçant de se retirer du championnat en 2010. «Ce serait très triste de perdre Ferrari. C'est l'équipe nationale italienne. Mais la F1 pourrait vivre sans la Scuderia», avait froidement déclaré Max Mosley début mai au journal britannique Financial Times. Le bras de fer entre les grandes écuries et Max Mosley n'est pas prêt de se terminer puisque Toyota et BMW devraient bientôt entrer dans la bataille en se rangeant aux côtés de Ferrari et Renault. «Pour renforcer le côté spectaculaire de leur initiative, les écuries vont occuper l'espace médiatique en diffusant leurs menace chaque jour jusqu'au 12 juin, date de la sélection des écuries pour la saison 2010», analyse Jean-Louis Moncet. Ambiance.