Chardy, le tube frenchy du printemps

TENNIS Derrière les quatre Mousquetaires, le Palois est le Français qui monte...

Romain Scotto

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Le tennisman français Jérémy Chardy, lors d'un match à Munich contre Thomas Berdych, le 9 mai 2009.
Le tennisman français Jérémy Chardy, lors d'un match à Munich contre Thomas Berdych, le 9 mai 2009. — A.Beier/REUTERS

Cent quarante neuf places gagnées en deux ans. Dans le top 40 du classement ATP, ils ne sont pas nombreux à rivaliser avec Jérémy Chardy en termes de grand saut. Discrètement, le Palois de 22 ans a imposé sa grande silhouette et son coup de fouet dans les plus grands tournois. A tel point qu’embusqué derrière les quatre mousquetaires, il prétend désormais au titre honorifique de cinquième français, malgré sa défaite face à Stanislas Wawrinka sur la terre battue madrilène mercredi matin.

En cas de victoire, il avait l'occasionde s'immiscer pour la première fois parmi les 32 meilleurs joueurs mondiaux. Un classement qui lui aurait assuré un statut de tête de série à Roland Garros, où il défendra les points de son huitième de finale de l’année passée. «C'est juste la conséquence de son niveau de jeu, confiait récemment à 20minutes Frédéric Fontang, son entraîneur. Forget a cité son nom avant la dernière rencontre de Coupe Davis, mais il n’est quand même pas au niveau. Il est derrière les quatre, même s'il fait une très bonne saison.»

Le déclic Nalbandian


Demi-finaliste à Munich la semaine dernière, Chardy a poursuivi sa belle série à Madrid écartant avec autorité José Acacuso (6-3 ; 6-2), mardi. Le joueur au bandeau, qu'on peut comparer à un Roddick en phase de maturation, n’explorerait actuellement qu’une infime partie de son potentiel, affirme son coach. «Il y a du Roddick chez lui parce qu’il a un service explosif. Mais il a quand même un jeu plus varié. Il va au filet, il met plus de chop dans la balle.» Pour Jérémy Chardy, le modèle à suivre est en fait un peu plus prestigieux. «C’est Federer. Un joueur très relâché, bien arrêté dans l’attaque. Voilà à quoi il essaye de ressembler.»

L’entraîneur du Palois ne justifie pas vraiment la progression linéaire de son joueur. Dans ses souvenirs, un seul déclic. Cette victoire acquise l’année dernière à Roland-Garros face à David Nalbandian, alors 6e mondial. «C’est le premier grand tournoi où il joue très bien. On sentait qu’il montait en puissance. Mais sinon, rien n’a vraiment changé chez lui ces dernières années.» Juste le statut d'un joueur qui redonne soudain quelques couleurs au tennis français.