Richard Gasquet a-t-il pu être dopé à son insu?

TENNIS La faible dose de cocaïne retrouvée dans ses urines relance la question...

R.S.
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Le tennisman français Richard gasquet, lors de son match contre Fernando Gonzalez à l'Open d'Australie, le 24 janvier 2009.
Le tennisman français Richard gasquet, lors de son match contre Fernando Gonzalez à l'Open d'Australie, le 24 janvier 2009. — D.Whiteside/REUTERS

Pas besoin d’être docteur en chimie pour évaluer la  différence de dosage. Entre les 1460 nanogrammes de drogue par millilitre d’urine annoncés samedi et  les  151 nanogrammes confirmés ce mercredi,  l’écart est assez important. En réalité, Richard Gasquet a été contrôlé  positif avec quasiment dix fois moins de cocaïne que ce qui avait été avancé dans la presse. Le taux  exact a été dévoilé mardi soir par l’agent du joueur dans un communiqué  explicite: «La notification de l'expertise effectuée à la demande de la  fédération internationale de tennis mentionne expressément que la quantité  mesurée par ses experts est de 151 ng/ml».

Le joueur n’est pas pour autant tiré d’affaire puisque, selon  les normes de l'Agence mondiale antidopage, un sportif est déclaré positif à la  cocaïne lorsqu'il présente un taux de 50 nanogrammes par millilitre dans ses  urines. Mais la faiblesse de ce taux renforce la thèse défendue par le joueur, «à l’insu de son plein  gré», souriait Roselyne Bachelot après l’annonce du contrôle positif  samedi dernier.

Contamination accidentelle

«On peut dire que c’est un taux faible, note le docteur  William Lowenstein, médecin spécialiste des addictions. Mais ce seul chiffre ne  dit pas ce qu’il s’est passé, quand et à quelle heure.» A titre de comparaison,  Richard Gasquet n’aurait pas été inquiété en cas de simple contrôle routier  puisque le plafond de positivité, fixé par le législateur français, est deux  fois supérieur à la dose retrouvée dans son organisme. Le test capillaire qu’il  a effectué prouverait aussi qu’il n’est pas un consommateur  régulier.

La thèse de l’accident est-elle alors plausible? Selon le  docteur Lowenstein, certaines hypothèses peuvent être soulevées. «Regardez la  possibilité de retrouver du tabac ou du cannabis dans les analyses d’un fumeur  passif… On peut imaginer que quelqu’un qui reste dans une pièce confinée où tout  le monde fume du crack (ndlr: un dérivé de la  cocaïne) puisse aussi inhaler de cette substance.»

Des traces de cocaïne sur les billets

Une dissimulation de la cocaïne dans une boisson ou un  aliment aussi est envisageable, même si seul  un dixième de la quantité consommée est absorbée par l’organisme. Dans  l’éventualité d’un complot, d'autres produits étaient donc plus simples à  manipuler. Une contamination par voie muqueuse orale ou génitale n’est  pas non plus exclue. Mais là encore la possibilité d’être contrôlé positif semble  infime.

«Il peut y avoir dans les faits une ingestion involontaire de cocaïne cela peut arriver, confrme le professeur Matysiak, chef du service de traitement des maladies addictives de l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Maintenant aller trancher sur un dosage si cela a été volontaire ou involontaire me paraît extrêmement compliqué». Si l'ITF daigne seulement s'attarder sur cette question.