Rennes-Guingamp: les Brestois s'en foutent

FOOT Derrière la joie d'une finale bretonne se cachent de vieilles rivalités entre les clubs de l'ouest...

M. Go.

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 A Toulouse, les Guingampais fêtent  leur victoire en demi-finale de la Coupe de France 2009.
 A Toulouse, les Guingampais fêtent  leur victoire en demi-finale de la Coupe de France 2009. — REUTERS

«De toute façon, je ne la regarderai même pas. Tout ce qui touche Guingamp me saoule et Rennes, c’est la banlieue de Paris.» C’est sûr, Paquito ne prendra pas l’un des 8 TGV et 300 bus à destination du Stade de France. Paquito est l’un des ultras brestois du stade Francis-le-Blé. En déplacement à Vannes pour sauver la peau de son club, 18e de Ligue 2, la finale de la Coupe de France entre Rennes et Guingamp n’est pas vraiment sa priorité.


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Tout sauf Guingamp

Mais il ne faut pas le chatouiller trop longtemps pour savoir où va sa préférence. «C’est sûr que je n’ai pas vraiment envie de voir Guingamp gagner. Les plus anciens du groupe se rappellent encore le match de 1991 contre les Guingampais. C’était tellement le feu qu’il a été interrompu à plusieurs reprises», raconte-t-il. L’En avant est le pire ennemi du Stade Brestois. Surtout depuis la rétrogradation financière en D2, en 1991, du grand Brest-Armorique (dont on peut revivre l'histoire sur ce blog) par le président de la ligue, un certain Noël Le Graët, toujours à la tête de Guingamp.


En 2008, quelques jours après la banderole anti-ch’tis au Stade de France, les Brestois avaient accueilli leurs voisins des Côtes d’Armor avec cette inscription à l’entrée des visiteurs: «Nos enfants sont dans les stades, les vôtres dans les congels.» Une référence à un fait divers glauque qui s’était passé dans les Côtes d’Armor. «Lors du dernier derby, il y a eu encore pas mal de bastons. Ils ont un public habitué à la Ligue 1. Les nôtres sont plus virulents», glisse Christophe Leininger, président de l’Hermine 29. «C’est sûr, nous c’est plus festif. Eux ils viennent en famille au Stade. Nous c’est… Comment dire?... la sortie du week-end», ajoute Pacquito qui n’a pas oublié qu’en 16es, ce sont les Guingampais qui ont sorti Brest de la Coupe. Autant dire que samedi soir, le cœur des Brestois penchera plutôt pour Rennes. «C'est très breton, contrairement à la France, la Bretagne est une mais divisible», explique un géographe dans l'excellent article de François Simon de «Ouest-France

Lorient, Rennes et Gourcuff...


Ainsi à Lorient, dont le club affronte régulièrement Rennes en Ligue 1, on ne cache pas une petite rivalité avec la préfecture d'Île-et-Vilaine. «Rennes ne nous réussit pas. On ne gagne pas souvent là-bas. En outre, on n'était pas bien accueillis, en tant que supporters on était même fouillés. Ça a un peu changé, mais les mauvaises impressions restent», explique Marie-Lise, présidente de Lorient Foot supporter. Les Lorientais n’ont surtout pas digéré le débauchage de Christian Gourcuff. Le technicien breton avait quitté en 2001 le banc de Lorient pour celui de Rennes. Après avoir été viré, il était finalement revenu à Lorient en 2003 après un intervalle au Qatar. Lorient ne serait pas contre une victoire du petit club de Guingamp contre Rennes, le plus gros club de l’ouest.




Ce n’est pas le cas de Vannes, dont les supporters ont vécu cette saison une finale en Coupe de la Ligue contre Bordeaux. «On n'a pas d'a priori. Peu importe ce qui arrivera, puisque la coupe reviendra à la Bretagne», lance Christiane Lemétayer, 50 ans, présidente depuis une dizaine d'années des Hermines, un club de supporters du VOC qui va voir débarquer quelques dizaines de supporters le 8 mai pour un derby encore plus chaud que celui du Stade de France. Menacé de relégation en National, le Stade Brestois se déplace à Vannes. Pour soutenir leur club, le groupe ultra des Celtics a même fait les 152 km qui séparent la cité du Finistère de celle du Morbihan en vélo.  Moins rapide qu’un TGV…