Bertrand Rezeau: «La politique du club en matière de formation a bien changé»

FOOT Le directeur du centre de formation du PSG explique la politique de recrutement du centre de formation du club de la capitale...

M. Go.

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 Bertrand Reuzeau, directeur du centre de formation du PSG le 4 mai 2009.
 Bertrand Reuzeau, directeur du centre de formation du PSG le 4 mai 2009. — Serge Pouzet

Après avoir été directeur du centre de formation de Saint-Etienne, Bertrand Reuzeau est à la tête de celui du PSG qui réunit une soixantaine de jeunes âgés de 15 à 18 ans. L’ancien joueur montpelliérain revient avec 20minutes.fr sur le travail de repérage et sur le concept de vivier parisien.
 

On parle toujours d’un vivier de joueurs plus important en Ile-de-France que dans les autres régions. Est-ce pertinent?
Oui. Dans les centres de formation de province, il y a toujours deux-trois joueurs par équipe qui viennent de la région parisienne. Cela s’explique d’abord parce qu’il y a beaucoup plus d’habitants dans ce bassin de population. Ensuite, c’est une zone très urbanisée qui favorise la pratique du football de rue. Ce n’est pas un hasard si les autres viviers se situent près de Lyon ou de Marseille. En région parisienne, il y a aussi beaucoup d’éducateurs qui encadrent la pratique du foot et sont à la source pour repérer les joueurs…
 
 
Comment s’organise la détection des jeunes au PSG?
Nous avons une cellule de recrutement interne au centre. Elle réunit cinq personnes et leur travail consiste à regarder beaucoup de matchs, à recueillir des informations auprès d’éducateurs ou d’entraîneurs qui ont repéré des jeunes. Nous avons également un partenariat avec huit clubs d’Ile-de-France comme Torcy ou Saint-Ouen-l’Aumône qui nous donnent des informations sur leurs joueurs ou sur leurs adversaires qu’ils ont trouvé bons. Avant de retenir les meilleurs, on prend en stage ces jeunes quelques jours.
 

N’auriez-vous pas intérêt à prendre beaucoup plus de jeunes pour ne pas laisser s’échapper la perle rare?

Pas du tout. Nous avons seulement 1 équipe par catégorie d’âge qui dispute un championnat national. L’intérêt de leur formation est qu’ils jouent un match toutes les semaines. La réussite d’un joueur se joue de toute façon pour 50% au moment de son repérage et de son recrutement.
 
 
La concurrence est rude avec les autres centres de formation très actifs en Ile-de-France. Qu’est-ce qui fait la différence?

Des centres comme celui de Rennes ont toujours été très bons dans le recrutement dans notre région. Au final, les parents se décident par rapport à la qualité des installations et de la formation. Certains négocient aussi en fonction des futurs contrats. Au PSG, on s’appuie entre autres sur une étude de la FFF que l’on cite aux parents et qui explique qu’un jeune a trois fois plus de chances de réussir quand il intègre un centre près de chez lui. Lors de leur formation, on essaye de les faire rentrer tous les week-ends. Je parle aussi beaucoup aux parents avant que leur enfant ne signe.
 

On a longtemps critiqué le PSG incapable de tirer profit de ce vivier de joueurs. Est-ce que les choses ont changé?

Depuis que Canal + a vendu aux nouveaux actionnaires, la politique a changé. Le club a décidé de s’appuyer sur le centre de formation. Il y a beaucoup plus de jeunes joueurs à intégrer l’équipe première. Regardez des exemples comme Clément Chantôme ou Mamadou Sakho. Depuis Guy Lacombe, les entraîneurs sont à fond dans cette perspective. Je vois Paul Le Guen tous les jours. Deux, trois mois après son arrivée, il connaissait tous les noms des jeunes du centre de formation.