4 présidents lancés dans un sprint médiatique

FOOT Les présidents des 4 clubs en tête de la Ligue 1 gèrent très différemment cette fin de saison. Une semaine d'intervention médiatique à la loupe...

Matthieu Goar

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Pape Diouf, président de l'Om, Jean-Michel Aulas, président de l'OL, Jean-Louis Triaud, président des Girondins de Bordeaux et Sébastien Bazin, président du PSG.
Pape Diouf, président de l'Om, Jean-Michel Aulas, président de l'OL, Jean-Louis Triaud, président des Girondins de Bordeaux et Sébastien Bazin, président du PSG. — SIPA

A la tête des 4 clubs qui se battent dans le sprint final du championnat de France, les présidents se démènent. A Lyon et à l’OM, ils doivent multiplier les apparitions médiatiques pour maintenir à flot leur barque malmenée soit par les mauvais résultats, soit par le départ de l’entraîneur. A Bordeaux et au PSG, c’est la sérénité et la discrétion qui dominent. Une semaine dans l’intimité des présidents. 

 

Le plus actif: Pape Diouf (OM)

Au cœur de l’agitation médiatique qui a suivi le départ de Gerets, Pape Diouf est monté au créneau dès les premières heures de la bataille. D’abord pour confirmer les rumeurs sur Gerets, avant de faire taire celles qui concernaient sa propre éviction. «Regardez-moi, je suis rayonnant. Pourquoi voudriez-vous que je parte? Je suis là et bien là, à la tête de mes troupes. A la recherche d’un titre qu’on n’a pas obtenu depuis 17 ans. Ma fonction est presque comme une mission qu’on remplit en considérant chaque jour comme pouvant être le dernier», a-t-il déclaré en conférence de presse sur un ton martial et quasiment mystique avant le match contre Toulouse de samedi. Une façon de faire barrage de son corps pour protéger son groupe mais aussi de réaffirmer son statut de chef. Depuis son arrivée à l’OM en 2004, il doit gérer les relations compliquées entre Marseille et Robert-Louis Dreyfus. «Jamais comme aujourd’hui la confiance entre nous n’a été aussi bonne. Nous avons évoqué le profil du futur entraîneur. Je peux dire que l’entraîneur qui viendra à l’OM l’an prochain sera un entraîneur de haut niveau», a expliqué Diouf en zone mixte samedi soir à propos de l’actionnaire principal de l’OM. Cette semaine de crise l’a confirmé: la vraie colonne vertébrale de l’OM s’appelle Diouf.

 

Le plus offensif: Jean-Michel Aulas (OL)

Quatre matchs sans victoire, une équipe qui dégringole au classement et un titre qui s’échappe. A chaque journée de Ligue 1, Jean-Michel Aulas doit monter au front. Comme la semaine dernière, pour défendre, dans une interview au «Progrès», son entraîneur malmené. «Je bénis le ciel de l'avoir choisi sur proposition de Bernard Lacombe», estimait alors celui qui est président de l’OL depuis 1987. Après la défaite à Valenciennes samedi soir, JMA est venu en zone mixte. Toujours offensif, mais contre ses joueurs. «J'ai l'habitude de toujours défendre les joueurs. Mais on a vu une équipe qui n'a pas su se révolter contre les coups du sort. Ce n'est pas normal qu'il y ait une différence d'envie (entre Valenciennes et Lyon, ndlr) alors que sur le plan individuel on peut imaginer que les joueurs lyonnais peuvent avoir un petit ascendant.» Une nouvelle façon de dédouaner Claude Puel, attaqué dans «L’Equipe» de samedi matin. Dans la victoire comme dans la défaite, JMA est une bête médiatique.

 

Le plus prudent: Jean-Louis Triaud (Bordeaux)

Bordeaux a la réputation d’un club discret, où les crises se règlent en famille. Son président Jean-Louis Triaud n’est pourtant pas le dernier lorsqu’il s’agit de taper sur les arbitres comme lors de l’affaire Micoud la saison dernière. Depuis quelques semaines, il aborde pourtant le sprint final en laissant son groupe respirer (7 matchs de suite gagnés). Comme son entraîneur Laurent Blanc, Triaud a choisi comme mot d’ordre la modestie. «J'ai confiance dans le groupe mais je ne peux pas vous dire ce qui va se passer à Marseille. Peu de gens auraient parié sur une victoire de Bordeaux à Rennes, dans ce contexte où l'équipe est invaincue sur sa pelouse depuis vingt journées. De la même façon, peu de gens pensaient que Marseille, avec les absences en défense, allait gagner à Lille.» Une façon de mettre la pression sur l’OM, toujours leader.

 

Le plus absent: Sébastien Bazin (PSG)

Depuis le départ de Villeneuve, la situation du PSG est étrange. Au moment de prendre la présidence du PSG, le 3 février, Sébastien Bazin avait précisé que sa mission serait temporaire. Depuis, la quête d'un dirigeant est restée inassouvie. Et même s’il a secoué ses joueurs au lendemain de l’élimination en Coupe de l’UEFA, les interventions de l’homme de Colony Capital sont rarissimes. Il laisse la gestion des affaires courantes à son directeur général Philippe Boindrieux comme jeudi dernier lors de la décision de la commission de discipline de la LFP de condamner le club parisien à un match à huis clos. D’un point de vue sportif, avant comme après la défaite face à Rennes, aucun dirigeant du PSG ne s’est exprimé ce week-end.