Pacquiao est-il le plus grand boxeur de tous les temps?

BOXE Le Philippin impressionne le monde de la boxe...

M. Go.

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 Le Philippin Pacquiao met KO Ricky Hatton à Las Vegas le 2 mai 2009.
 Le Philippin Pacquiao met KO Ricky Hatton à Las Vegas le 2 mai 2009. — REUTERS

A la fin de la deuxième reprise, le crochet du gauche de Pacman met Hitman à genoux. L'Anglais Ricky Hatton, détenteur de la ceinture IBO des Super-légers, s'écroule inconscient. L'arbitre arrête ce combat de l'année transformé par le talent d'un petit bonhomme en une tornade de coups (73 coups touchés sur 127 coups). Avec cette 6e conquête d'un titre de champion du monde dans une catégorie de poids différente, Manny Pacquaio a démontré encore une fois qu'il était le meilleur boxeur de la planète. «C'est un extraterrestre.  Sa capacité à gagner dans différentes catégories est ahurissante, explique le Français Mahyar Monshipour. «Hatton est un très bon super léger. J'avais misé sur lui et Pacquiao le tue. C'est fou.»


Une machine


Du haut de son 1,69m et de ses 49 victoires (dont 37 avant la limite), quelques mois après avoir démonté la gloire déclinante Oscar de la Hoya, Pacquiao continue donc à poser son empreinte sur les ceintures mondiales.


Une question brûle maintenant les lèvres de tous les aficionados du monde de la boxe: le Philippin n'est-il pas en train de devenir le boxeur le plus complet de tous les temps? «On va me mettre sur la liste des plus grands boxeurs de l'histoire», a d'ailleurs reconnu l'intéressé à la descente du ring. A 30 ans, Pacquiao impressionne encore par sa mobilité et la folie qu'il donne à ses combats. «Pacquiao est une machine. Je l'ai préparé à rencontrer n'importe qui, même Mike Tyson», déclarait la semaine dernière son entraîneur Freddie Roach. «Il arrive à chaque fois dessiné et super bien préparé. Son travail avec Freddie Roach, sans doute le meilleur entraîneur à l'heure actuelle, paye», analyse Monshipour qui se souvient avoir croisé le Philippin à une remise de prix à New York. «On s'est juste dit bonjour. J'ai découvert un pur produit de la culture asiatique: à la fois modeste et très poli. Moi qui n'aime pas le cinéma que font certains dans ce milieu, j'ai apprécié.»


Champion du monde chez les mouche, plume, super-coq, super-plume, légers et désormais super-légers, le petit Pacquaio est en train de devenir un demi-dieu aux Philippines. Travail, talent, célébrité, sans oublier les ceintures, le Philippins a tout pour devenir l'égal des plus grands. «La boxe est un sport de duel. Ces appréciations sont subjectives comme pour des coureurs de 100 m qui n'auraient pas sprinté ensemble. Je ne veux pas tirer de conclusion», analyse Monshipour qui partage pas mal de points communs avec le Philippin. «Un modèle. Même pas. Il appartient à une autre planète. Et puis, je suis plus âgé que lui», rigole l'ancien champion du monde des super-coqs.