Georges Goven: «Ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'Alizé Cornet ne trouve pas ses marques»

TENNIS L'ancien capitaine de Fed Cup Georges Goven livre ses impressions sur le barrage décisif, ce week-end, de l'équipe de France qui affronte la Slovaquie...

Recueilli par Bertrand Tang

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 Alizé Cornet, le 12 février 2009, après sa victoire contre Hantuchova 1-6, 6-4, 6-2 au tournoi de Coubertin.
 Alizé Cornet, le 12 février 2009, après sa victoire contre Hantuchova 1-6, 6-4, 6-2 au tournoi de Coubertin. — REUTERS/Jacky Naegelen (FRANCE)
Aborde-t-on de la même façon un match de barrage qu’une finale?

Un match de barrage a une grande importance, dans la mesure où il s’agit de rester dans la meilleure division. On est la seule équipe de Fed Cup à n’être jamais descendue en D2. Les filles y sont sensibilisées. Je crois que le fait d’avoir gagné des matchs de barrage a permis aux filles de se forger une petite expérience. C’est vrai qu’on n’est pas dans le même état d’esprit que quand on joue une demi-finale ou pour aller en finale. Mais l’équipe va se préparer comme d’habitude, de la même façon que pour les autres matchs, pour être la meilleure possible sur le terrain. Peut-être avec encore plus de cœur, sachant qu’une équipe de notre niveau n’a pas le droit de décevoir deux fois dans l’année. Après, le niveau d’excitation est différent.

Est-ce que vous pensez que les Françaises se sont remises de leur défaite face à l’Italie (0-5)?

Oui. La défaite est dure mais le score ne reflète pas la rencontre. Le premier jour, il y a deux matchs en trois sets, dont un où Amélie (Mauresmo) a une balle de match. Ce qui m’inquiète le plus, c’est le fait qu’Alizé Cornet, qui adore ce type de compétition par équipe et qui est une bagarreuse, ait du mal à trouver ses marques. Parce qu’elle reste sur un parcours vierge de victoire en Fed Cup (ndlr: 3 défaites en autant de matchs de Fed Cup). J’espère que cela n’a pas eu d’influence sur son moral. Car elle a plutôt moins bien joué sur le premier tiers de l’année que l’an passé. J’espère que ce n’est pas la pression de la Fed Cup qui est à l’origine de cette méforme passagère.

Pensez-vous que la pression puisse annihiler le jeu des filles?


Il y a eu des joueurs en Coupe Davis ou Fed Cup qui ont été détruits par certaines rencontres. Je pense à Paul-Henri Mathieu et à d’autres joueurs. Gilles Simon a un peu raté son entrée cette année. Les matchs étaient difficiles et il les a perdus «accroché». Ça marque un joueur. Derrière, il faut rebondir et repartir. Il faut faire le constat de ce qui s’est passé pour redevenir meilleur et plus fort