Novak Djokovic à l’Open d’Australie : L’audience est terminée, la Cour délibère

BATAILLE JUDICIAIRE L’audience en référé doit décider si le joueur doit être immédiatement renvoyé chez lui et interdit de territoire australien pendant trois ans ou s’il peut disputer l’Open d’Australie

20 Minutes avec AFP
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Novak Djokovic à l'Open d'Australie en 2012 (illustration).
Novak Djokovic à l'Open d'Australie en 2012 (illustration). — John Donegan/AP/SIPA

Novak Djokovic n’a plus que quelques heures à attendre pour savoir s’il pourra taper la balle à l’  Open d’Australie. L’ultime bataille judiciaire entre le numéro un mondial de tennis et le gouvernement australien, qui entend l’expulser du pays, s’est tenue ce dimanche devant la Cour fédérale d’Australie à Melbourne.

Les trois juges de la Cour ont entendu durant plusieurs heures les arguments des représentants du joueur et ceux du gouvernement, avant de se retirer pour délibérer. La décision est attendue dans la journée.

Djoko joue gros

Autorisé à quitter le centre de rétention où il a été placé samedi, Djokovic a suivi l’audience en ligne depuis les bureaux de ses avocats. Une « finale » qui pourrait avoir des répercussions à long terme pour la carrière du Serbe de 34 ans. A la veille des premiers coups de raquette de l’Open d’Australie où « Nole » espère remporter un 21e titre du Grand Chelem record, l’audience en référé doit décider si le joueur doit être immédiatement renvoyé chez lui et interdit de territoire australien pendant trois ans, ou si au contraire il peut disputer le tournoi.

Dans ses conclusions déposées samedi devant la Cour, le ministre de l’Immigration Alex Hawke a soutenu que la présence de Djokovic dans le pays « est susceptible de représenter un risque sanitaire ». Selon lui, elle encourage « le sentiment anti-vaccination » et pourrait dissuader les Australiens de se faire injecter leurs doses de rappel, alors que le variant Omicron se répand à grande vitesse dans le pays. La présence en Australie du champion pourrait même « entraîner une recrudescence des troubles civils », a ajouté le ministre. Même s’il a qualifié le risque que Djokovic contamine lui-même des Australiens de « négligeable », le ministre a estimé que son « mépris » passé des règles sanitaires constitue un mauvais exemple.

Une expulsion « illogique », « irrationnelle » et « déraisonnable »

Dimanche devant la Cour, les avocats de « Djoko » ont qualifié le placement en rétention de leur client et sa possible expulsion d'« illogique », « irrationnelle » et « déraisonnable ». Le gouvernement « ne sait pas quelles sont les opinions de M. Djokovic actuellement », a plaidé l’avocat Nick Wood, affirmant que son client n’a jamais soutenu publiquement le mouvement anti-vaccination.

L’avocat du gouvernement, Stephen Lloyd, a répondu que le fait que le champion ne soit pas vacciné près de deux ans après le début de la pandémie et qu’il ait ignoré de façon répétée les règles sanitaires, notamment en omettant de s’isoler alors qu’il se savait infecté, constituaient des preuves suffisantes de sa position.

La décision que prendront les trois juges de la Cour fédérale sera pratiquement impossible à contester tant par le gouvernement australien que par Djokovic. C’est la deuxième fois que le Serbe est visé par une procédure d’expulsion.