la couronne lyonnaise ébréchée

Stéphane Marteau

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Les supporters lyonnais seraient-ils résignés ? Hier après-midi, une cinquantaine de badauds déambulants dans le parc de Gerland attenant au centre d'entraînement de Tola-Vologe ont assisté au décrassage des joueurs de l'OL. Au lendemain de la défaite concédée à Bordeaux (1-0), qui relègue le septuple champion de France à quatre points du leader marseillais et à deux points de son bourreau d'un soir, aucune manifestation de mécontentement n'est venue perturber la séance des partenaires de Juninho. Pour bon nombre d'observateurs, ce revers a été interprété comme la fin du règne du roi Lyon. Les principaux intéressés se refusent néanmoins à abdiquer à six journées du dénouement. « On ne va pas dire que le titre s'est envolé. Dans notre tête, nous avons toujours l'objectif d'aller le chercher », a confié l'attaquant Karim Benzema à lequipe.fr. « Sur un plan comptable, nous perdons des points, du terrain, mais il en reste dix-huit à prendre. Il y a encore de quoi faire », affirme l'entraîneur Claude Puel. « Il reste un espoir, même si cet espoir est plus faible ce soir que ce matin », a réagi le président Aulas à l'issue de la défaite contre Bordeaux. « Tout reste jouable, confirme Kim Källström. Ce serait un manque de caractère et de professionnalisme si on laissait filer maintenant. » Mais dans le même temps, le milieu de terrain suédois, reconverti une nouvelle fois arrière gauche, souligne que l'OL « ne va pas gagner le championnat pendant cent ans ».

Pour espérer ravir un huitième titre de rang, les Lyonnais seront certainement contraints de réaliser un sans-faute d'ici à la fin du championnat. Mais ils devront surtout assurer l'essentiel, à savoir terminer sur le podium de la Ligue 1 afin de disputer au minimum le tour préliminaire de la Ligue des champions. Une absence dans la plus prestigieuse des compétitions continentales pour la première fois depuis dix ans aurait en effet de fâcheuses répercussions sur les finances du club et son attractivité sur le marché des transferts. Ainsi, le manque à gagner est estimé à une quarantaine de millions d'euros. Par conséquent, la venue du Paris SG (4e à un point de l'OL), vendredi, revêt une importance capitale. « C'est bien que ce match contre Paris arrive vite, estime Kim Källström. On n'a pas le temps de réfléchir. On va récupérer et on a tous envie de livrer un gros match devant nos supporters. » « Nous n'avons plus le droit à l'erreur, surtout à domicile », ajoute le milieu de terrain camerounais Jean II Makoun. W