Zelazny, le dernier rempart venu du Nord

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« Je n'ai pas trouvé le sommeil tout de suite ! » Et dire que c'est le cauchemar des attaquants lyonnais qui dit ça. Dimanche, après avoir tenu à flot son équipe pendant tout le match, Erwin Zelazny s'est montré décisif durant la séance des tirs au but. Comme il l'avait été au tour précédent contre Auxerre. Tel un pantin désarticulé, le jeune portier de 17 ans s'est encore agité sur sa ligne sur chaque penalty... On ne change pas une méthode qui gagne. « Les tireurs auxerrois m'avaient dit après le match que ça les avait vachement gênés, raconte celui qui est apparu trois fois dans le groupe avec les professionnels. Bouger comme ça me permet de gicler à la dernière seconde... »

Ça ne vous rappelle personne ? « Il est dans la lignée de Mickaël Landreau, estime son coach, Franck Chaumin. Il a les mêmes qualités dans le jeu au pied, dans la tonicité et la communication. » Mais pas encore la même carrière. Et ça, Erwin en a conscience. « C'est un très beau compliment, mais je suis encore bien loin de lui ! »

Loin de lui, et pourtant relativement proche dans le parcours. A 13 ans, le gamin quitte son Nord natal pour rejoindre le centre de préformation à Saint-Sébastien. Il raconte : « Je jouais à Avion (Pas-de-Calais), mais je m'ennuyais. Je ne prenais plus du tout de plaisir à jouer au foot. Un jour, j'ai lu une annonce dans France Football pour une détection à Nantes. On a fait 700 km avec mes parents pour y aller. » Ce sont les prémices d'une belle idylle. La préformation pendant deux ans - « une période difficile car j'étais seul et loin de chez moi, alors que tous les autres rentraient chez eux le week-end » -, puis la Jonelière depuis 2006, avec en prime un contrat professionnel de trois ans cet été. « Tout est allé très vite, reconnaît le natif de Grande-Synthe (Nord). Toutefois, la signature en pros, ça reste du papier. C'est une belle récompense, mais ce n'est pas une finalité ! » W

D. P.