Un vent de réussite souffle sur Souffel

Floréal Hernandez

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Depuis trois ans, les basketteurs alsaciens ont pris l'habitude de squatter Bercy lors des finales du Trophée Coupe de France. Les filles de la SIG ont réussi à s'inviter trois fois à Paris en 2006, 2007 et 2008 avec une victoire lors de leur troisième tentative (62-61 contre Laveyron). En 2007, les Illkirchoises étaient accompagnées de Gries, qui étaient reparties avec le trophée sous le bras après un 77-70 contre La Rochelle. Le 16 mai, c'est au tour de Souffelweyer­sheim de fouler le parquet du Palais omnisports parisien. Décryptage de ces succès du basket amateur alsacien.

La SIG, Gries ou Souffelweyersheim ont atteint Bercy en étant en Nationale 2, l'échelon maximum pour participer à la compétition. En plus, les trois formations étaient à l'aise dans leur championnat. « Elles jouaient le haut du tableau, précise Olivier Bady, l'entraîneur griesois. Dans ce cas-là, il y a plus de probabilité d'arriver loin. » En 2008, la SIG a agrémenté son succès en Trophée Coupe de France d'une montée en Nationale 1 et du titre de champion de France de N2. Une performance que Souffel ambitionne de rééditer, cette saison (lire ci-dessous).

« Cela tient du caractère alsacien, explique Philippe Breitenbucher, l'entraîneur de la SIG. On ne lâche jamais. On peut être éliminé mais on se doit de tout donner. » Lors de leurs deux défaites en finale, les Illkirchoises s'étaient inclinées d'un rien (69-67 contre Perpignan et ­67-66 face à Ouistreham). Olivier Bady poursuit : « On a une certaine idée d'un match. On le joue à fond. Il y a une identification au club, au maillot de la part des joueurs. »

« Cette compétition appartient aux joueurs, affirme Stéphane Eberlin, le coach de Souffelweyersheim. C'est la cerise sur le gâteau. A eux d'aller la chercher. L'objectif du club restant la montée en Nationale 1. » C'est donc sans pression que les Souffelois ont gravi les échelons qui mènent à Paris. « On a pris à coeur cette compétition », confirme le meneur Jérémy Tschamber. Les rencontres couperets sont aussi l'occasion pour les joueurs de bâtir leur propre histoire. « C'est le chemin le plus court pour aller à Bercy, la plus grande salle de France », rappelle le Souffelois. Olivier Bady et Philippe Breitenbucher avouent regarder le parcours du BCS avec nostalgie et envie. « C'est un événement qu'on aimerait revivre », avoue le premier. Son homologue de la SIG se remémore « les belles choses vécues là-bas ».

Stéphane Eberlin n'élude pas le sujet. Pour l'entraîneur de Souffel, « il faut de la chance au tirage au sort. Cela joue beaucoup. » Pour arriver en finale, le BCS a éliminé trois équipes hiérarchiquement inférieures et eu le bonheur, lors du derby face à Gries, d'évoluer à domicile.

Victorieux du Trophée Coupe de France en 2007 et demi-finaliste en 2008, Gries a été récompensé par deux participations à la Coupe de France Robert Busnel, compétition réservée aux pros. Les Verts y ont écrit l'une des plus belles pages du basket alsacien en éliminant une équipe de Pro B, Saint-Etienne (84-78), puis en enquiquinant Cholet, en Pro A, 72-91. « Cela donne envie aux autres de suivre », analyse Olivier Bady, l'entraîneur griesois. W