Les Girondins ont retenu la leçon de choc

Rémi Bostsarron

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Il y a comme une envie d'en découdre chez les Girondins. La réception de Lyon, dimanche, ne sera pas juste un sommet du championnat. Car ce n'est pas n'importe quel concurrent direct que les Bordelais vont défier : c'est l'équipe qui les domine immanquablement depuis un an et demi. « Ils répondent toujours présents dans les grands rendez-vous, reconnaît Chalmé. On a l'occasion de prouver qu'on a progressé dans ce domaine. »

Des progrès, les hommes de Laurent Blanc en affichent régulièrement. De l'eau a coulé sous le Pont de Pierre depuis leur défaite à Chaban-Delmas (1-3), en octobre 2007, comme ils l'ont démontré à Gerland en novembre dernier. Dominateurs durant la première demi-heure, et globalement maîtres du jeu ensuite, ce n'est que sous les coups de boutoir des individualités lyonnaises que les Girondins avaient concédé une courte défaite (2-1). « On avait montré de belles choses, mais on n'avait pas été récompensés, confirme Chalmé. Cette fois, on a envie de montrer qu'on a franchi un cap et qu'on peut produire du beau jeu tout en étant réalistes. »

S'ils n'ont pas rapporté de point de leur dernier voyage chez les gones, les Bordelais en ont au moins tiré des enseignements. Et il leur tarde de les mettre en pratique. « Il faut rester tout le temps concentrés, poursuit l'ancien Lillois. Même si on domine, il faut veiller à rester équilibrés, car la moindre de leurs attaques peut se payer cash. Surtout, il faut rester méfiant même lorsqu'on a le ballon, car quand ils le récupèrent, ils se projettent très vite vers l'avant. Et c'est là qu'ils peuvent faire mal. »

Les Girondins sont d'autant plus impatients que l'enjeu est de taille. D'abord, ce choc est pour eux le dernier de la saison face à un candidat à l'Europe, et les précédents ne leur ont pas souri : cinq défaites, deux nuls et seulement deux victoires, tel est leur bilan face au PSG, Toulouse, Lille, Marseille et Lyon. Ensuite, un succès ne leur permettrait pas cette fois de se rapprocher de leur meilleur ennemi, comme lors des dernières saisons, mais bien de le dépasser. « Ça fait longtemps qu'on attend ça », glisse Chalmé. « On ne pourra pas en tirer de conclusion sur la suite du championnat, tempère David Bellion. Mais on peut prendre un avantage psychologique. » W