Le retour triomphal des héros istréens

Sandrine Dominique

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Aéroport Marseille Provence, hier. Le comité d'accueil est dans les starting-blocks. Familles de joueurs, amis, bénévoles du club, une cinquantaine de personnes ont revêtu des T-shirts sur lesquels on lit : « Istres Ouest Provence Handball EUROPEEN saison 2009-2010 ». Les banderoles et les pancartes fleurissent un peu partout. « Merci pour ce premier trophée », « Champions de la Ligue », « En route pour l'Europe »... les messages de félicitations se multiplient et l'impatience grandit quand les premiers passagers du vol en provenance de Paris Charles-de-Gaulle débarquent vers 14 h 50. Enfin, la délégation provençale surgit à son tour. Chez les joueurs, les traits sont tirés en raison du voyage et du décalage horaire, mais le bonheur immense.

« On est super-contents d'être accueillis comme ça, on ne s'y attendait pas », s'exclame le capitaine, Bastien Cismondo. Un accueil à la hauteur de la perf réalisée par l'IOPH. Petit Poucet du final four de la Coupe de la Ligue qui se déroulait pour la première fois à Miami, aux Etats-Unis, le club istréen s'est défait de Paris (31-30) vendredi en demi-finale, avant de créer l'exploit en faisant tomber en finale, samedi, le quintuple tenant du trophée, Montpellier (22-20). Istres venait d'écrire « la première ligne à [son] palmarès », dixit Louis Moralès. « Je n'ai pas trop réalisé tant cette victoire me paraissait irréelle, poursuit le président. Un titre, pour un club, c'est un élément fondateur. En outre, on va jouer la coupe d'Europe l'an prochain, non pas par défaut, mais en tant que tenant du trophée ! »

Une grande fierté pour cette équipe qui a vécu « quelque chose d'extraordinaire. C'est historique, on s'en rappellera toujours, renchérit le demi-centre. Ça compense toutes ces années où le club a lutté dans les différentes compétitions sans rien obtenir, et ça récompense un groupe exceptionnel cette saison. » La saison, justement, n'est pas finie. Après l'euphorie, les Istréens (8es) retrouveront le train-train du championnat samedi, avec la 21e journée de D1 face à Sélestat (14e). Il va falloir récupérer de la fatigue des matchs, de la fête, du jet lag, soigner les nombreux pépins physiques et se remobiliser mentalement. Mais pour Cismondo, pas d'inquiétude : « On prend tellement de plaisir à jouer ensemble qu'on a hâte d'être à samedi pour remettre ça ! » ■