les Sang et Or ont sonné les cloches des strasbourgeois

Antoine Maes

— 

Chez les Lensois, on a le sens du symbole. Après six matchs de suite sans victoire, dont les trois derniers se sont soldés par un 0-0, les Artésiens ont profité de ce lundi de Pâques pour renaître contre Strasbourg (4-1). Tout cela n'a rien d'anodin : d'abord parce que Lens reprend les commandes de la L2, avec 7 points d'avance sur Boulogne, 4e. Ensuite parce que le rival alsacien, désormais 3e, doit faire face à un calendrier compliqué : outre les Boulonnais, l'équipe de Jean-Marc Furlan doit encore se coltiner Metz (2e) et Montpellier (5e) avant la fin du championnat. De quoi attendre un peu avant de promettre la L1 à La Meinau. Le plus bluffant dans cette soirée est quand même d'avoir réussi à faire passer le RCS, cinq victoires de suite au compteur, pour l'équipe qui doute. Comment ? En s'appuyant sur une entame de match étouffante. Soutenus par un Bollaert bouillant et définitivement taillé pour la L1, les Artésiens ont fait craquer leurs rivaux en 30 minutes. Jemaa en a profité pour rincer la défense adverse, même si ses deux buts doivent beaucoup à ses passeurs, Boukari (1-0, 13e) puis Monnet Paquet (2-0, 33e). C'est aussi ça Lens : on peut laisser un Toifilou Maoulida moisir sur un banc de L2 mais arriver à se dégoter un attaquant qui flambe. Hier, le Tunisien sentait tellement le but qu'il a même réussi à tromper son propre gardien (2-1, 54e).

C'est plus juste pour les Alsaciens. Dans la cohérence du jeu, ils avaient jusque-là montré beaucoup plus que leur adversaire. Mais le talent individuel était lensois, et c'est une qualité qui ne s'invente pas. Le défenseur central artésien Yahia s'est d'ailleurs permis d'envoyer un retourné dans les cages de Cassard (3-1, 60e). Strasbourg était dans les cordes, et n'en bougerait plus, offrant même à Jemaa un triplé mérité (4-1, 69e). ■