Les Français ont-ils le goût de la terre?

TENNIS Avec le tournoi de Monte-Carlo s'ouvre la saison sur terre battue. Et de nouvelles perspectives pour les Tricolores...

Romain Scotto

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Jo-Wilfreid Tsonga et Gilles Simon (à droite) à Roland-Garros, le 4 novembre 2008.
Jo-Wilfreid Tsonga et Gilles Simon (à droite) à Roland-Garros, le 4 novembre 2008. — SIPA

Oublié le Taraflex, le béton poreux ou le ciment. Le règne des serveurs et des mitrailleurs de fond du court devrait être mis entre parenthèses pendant quelques semaines et laisser place à celui des amateurs de terre battue. Ces marathoniens dont la glisse et le slice animent le printemps jusqu'au deuxième Grand Chelem de la saison, Roland-Garros. Avec le tournoi de Monte Carlo s'ouvre donc lundi la saison sur terre. Une période qui pourrait relancer quelques Français...

Tsonga dans l’inconnu (forfait à Monte Carlo)



Difficile de juger le niveau du numéro 3 tricolore sur la surface ocre. Depuis son accession dans le top 10, il n’y a quasiment jamais joué. Il y a deux ans, son classement ne lui permettait pas d’intégrer les tableaux des tournois de premier plan. Et l’an dernier, sa blessure à un ménisque l’avait épargné du tunnel estival sur cette surface. Dans sa carrière, le Manceau n’a disputé qu’une seule rencontre à Roland-Garros… perdue en 2005 face à Andy Roddick dès son entrée en lice. Trois ans plus tard, il assure lui-même partir dans l’inconnu sur une surface où ses claques de coup droit devraient lui revenir un peu plus souvent dans la face. Sur son site Internet, Jo se veut malgré tout optimiste: «J’ai envie de me prouver que je peux y arriver (sur terre). J’ai la conviction que je peux très bien jouer sur cette surface étant donné que j’ai fait mes premiers pas sur terre battue. Je veux prouver à tout le monde que c’est important pour moi.» On prend date.

Monfils et Simon, la suite logique? (présents)



L’entraîneur de Monfils en est convaincu, «Gaël possède un jeu qui lui permet de réussir sur toutes les surfaces.» Y compris sur terre, donc. Depuis sa demi-finale de l’an dernier à Roland, «Slideman» semble le mieux placé pour défendre les couleurs françaises sur cette surface. Cette année, il s’est déjà imposé à Acapulco. Il est aussi l’un des rares joueurs à avoir fait tomber Nadal en 2009. Deux références qui devraient gonfler son moral avant la deuxième levée du grand chelem, porte d’Auteuil. De son côté, Gilles Simon a lui aussi de quoi sourire après une fin de saison sur dur délicate. «La terre est de loin la surface que je préfère. Quand je me sens bien, c’est là que je me sens le plus fort, indique-t-il sur «lequipe.fr». Son jeu de fond de court basé sur le contre semble en effet adapté aux spécificités de la terre battue. L’an dernier, il s’était déjà offert deux trophées sur cette surface, à Bucarest et Casablanca.

Gasquet, en contre-la-montre (forfait, blessé à l’épaule)


Avec lui, la donne est souvent la même. Lorsqu’il est épargné par ses pépins physiques, le Biterrois semble capable de tous les exploits. Seul problème, son épaule le fait souffrir depuis trois mois. «Ça me tire beaucoup, je ne peux plus servir, plus faire de revers, déclarait le Français à la veille du tournoi de Miami, il y a dix jours. Je dors mal la nuit, j'ai du mal à lever le bras. C'est pénible.» Cette saison, Gasquet n’a pas joué le moindre match sans anti-inflammatoire et s’interroge déjà sur la suite de sa saison. «Je n'ai pas envie de rater une deuxième fois Roland-Garros», assure le 25 mondial qui avait manqué le grand rendez-vous parisien pour une blessure… à un genou. Richard ne rime pas pour rien avec poissard.

Chardy, Mathieu, Benneteau, Serra, pour un coup d’éclat



Et si la bonne surprise de l’été venait de l’un d’eux? En cherchant bien, ces quatre outsiders comptent tous au moins une référence sur terre. Chardy y avait balayé Nalbandian, l’an passé porte d’Auteuil, Mathieu est toujours présenté comme l’homme qui a mené un set à zéro contre Nadal à Roland, Benneteau et Serra comme d’anciens vainqueurs de tournois ATP ou challenger. La perspective d’une place de 5e homme dans le groupe de Coupe Davis, pourrait aussi les inciter à se montrer, quelques mois avant un match de barrage prévu en septembre.